Brent Kaulback

Titre du poste

Surintendant adjoint

Ministère

Ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation Conseil scolaire de division du Slave Sud

Nombre d’années au GTNO

24 ans au sein du système d’éducation des TNO

Formation

Baccalauréat ès arts, Université Wilfrid Laurier
Baccalauréat en éducation, Université Brock
Maîtrise en éducation, Université Harvard

Quel est votre rôle au sein du GTNO?

Gérer l’élaboration et la mise en œuvre des programmes éducatifs dans la région du Slave Sud, superviser les directeurs ainsi que coordonner le soutien aux consultants, l’enseignement des langues autochtones et l’exploitation des ressources pour nos programmes de langues cri, chippewyan et esclave du Sud.

Comment le GTNO a-t-il soutenu votre avancement et votre perfectionnement professionnels?

Malgré notre isolement géographique, nous sommes branchés sur tous les changements qui se produisent dans le domaine de l’enseignement au Canada — domaine qui d’ailleurs se transforme comme jamais auparavant. Les TNO, forts de leur engagement envers le perfectionnement professionnel, le soutien aux innovations en salles de classe et l’excellence, m’ont permis de progresser et de donner le meilleur de moi-même au sein de ma profession, ce que je constate également chez de nombreux autres collègues qui ont aussi relevé des défis de taille en allant à la rencontre des changements et de l’innovation dans leur classe.

Dans quelles circonstances avez-vous commencé à travailler au GTNO?

Après un an comme enseignant dans une école du centre-ville de Toronto, je suis parti avec ma femme à la recherche de nouvelles aventures et de nouvelles occasions professionnelles. Elle était infirmière et moi, enseignant. Après un passage au salon de l’emploi Explore the Arctic (Explorez l’Arctique), nous avons mis les voiles pour Fort Simpson, où j’ai entrepris en 1976 ma carrière aux TNO comme enseignant des 2e et 3e années à Bompas Hall. Au cours des 12 années suivantes, ma femme et moi avons exploré les possibilités que nous offraient Baker Lake, Iqaluit et la réserve de Hay River (maintenant connue sous le nom de réserve des Premières Nations K’atlodeeche). Nous avons acheté une maison et élevé une famille à Hay River et j’ai accepté un poste de directeur-enseignant à l’école Chief Sunrise Education Centre. En 1988, ma femme et moi avons déménagé dans le sud afin de nous rapprocher de notre famille. J’ai alors enseigné en Ontario et en Colombie-Britannique, mais le Nord continuait d’exercer un fort attrait sur moi. En 1999, lorsque l’occasion de retourner à l’école Chief Sunrise Education Centre s’est présentée, je l’ai immédiatement saisie. En 2005, après 30 ans d’enseignement de la maternelle à la 12e année, j’ai déménagé à Fort Smith afin d’y occuper le poste de consultant en soutien aux étudiants, et par la suite celui de surintendant adjoint de l’éducation pour le Conseil scolaire de division du Slave Sud.

Pourquoi aimez-vous travailler au GTNO?

Les TNO m’ont offert la chance de croître et de me perfectionner comme enseignant, peut-être plus que tout autre système d’éducation dans lequel j’aie travaillé — et ils sont nombreux. L’enseignement comporte de nombreux défis aux TNO, mais un soutien exceptionnel est offert à quiconque souhaite les relever. La créativité est encouragée, la souplesse est essentielle et les occasions de créer des liens véritables et riches avec les élèves, la collectivité et les communautés autochtones abondent. Voilà ce qui fait de l’enseignement dans les régions nordiques une expérience si unique et stimulante. J’ai pu y poursuivre mes aspirations professionnelles, soit de publier des ouvrages et de tisser des liens avec les communautés autochtones. Au cours de ma carrière, j’ai été rédacteur d’une revue professionnelle pendant quatre ans, travaillé avec des aînés pour produire deux dictionnaires de langues autochtones et publié plus de 180 livres pour enfants, y compris des livres d’images, des livres sur des légendes locales et des romans illustrés. C’est une chance incroyable d’avoir un emploi qui permet de développer ses champs d’intérêt, et j’entends le même son de cloche chez de nombreux collègues.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote de travail intéressante au sein du GTNO?

J’ai vécu une expérience remarquable alors que j’enseignais à l’école Chief Sunrise Education Centre (autrefois connue sous le nom Indian Village School). Les élèves et le personnel avaient entrepris une campagne de financement en vue d’acheter un fauteuil roulant motorisé pour l’une de nos élèves. En effet, les membres de l’école sortaient jogger presque tous les jours, mais cette élève ne pouvait pas participer en raison de son handicap. Nous avons donc organisé des ventes de pâtisseries, animé des foires et recueilli des objets de célébrités que nous avons vendus lors d’une vente aux enchères. Rapidement, toute la collectivité a été mise au courant de la campagne de financement et y a pris part activement. Petit à petit, après plus d’un an de collecte de fonds, nous avons recueilli les milliers de dollars nécessaires pour acheter le fauteuil roulant, que nous avons offert à l’élève lors de notre fête de Noël. J’ai vécu un moment très spécial lorsqu’elle s’est assise dans son fauteuil pour la première fois et a circulé sur la scène, sous les applaudissements de toute la collectivité. C’est lors d’événements comme celui-ci, marqué par le visage rayonnant de l’élève et les encouragements de la collectivité, que j’ai pu prendre la mesure du cadeau que m’offrait l’enseignement aux TNO, soit la chance de me lier à la population et de partager des moments précieux et importants avec elle. Pour tous ceux qui étaient réunis dans la salle communautaire, nous étions plus que les membres d’une école et d’une collectivité; nous formions une famille. Voilà des souvenirs qui font d’une carrière professionnelle un parcours jalonné de moments enrichissants.

Que recommanderiez-vous à un postulant au GTNO?

Je lui dirais tout simplement : « Mais qu’est-ce que vous attendez? » Si vous êtes à la recherche d’un endroit où la route vers l’excellence en matière d’enseignement est entièrement pavée, où les possibilités de perfectionnement professionnel abondent, où chaque jour offre de nouveaux défis, de nouvelles aventures et de nouvelles occasions d’apprendre, les TNO sont pour vous. Car l’enseignement aux TNO est une expérience qui comprend beaucoup plus que l’enseignement — il s’agit d’une occasion d’apprendre. Apprendre sur la culture, les traditions et le patrimoine de nos voisins autochtones, apprendre sur la survie dans des conditions difficiles, mais sur une terre généreuse, et apprendre sur les relations solides qu’on peut établir avec les élèves, leur famille et la collectivité. En somme, si votre passion pour l’apprentissage est aussi grande que votre passion pour l’enseignement, le Nord vous attend.

De quelle façon croyez-vous que votre travail a une incidence positive sur la vie des Ténois?

L’objectif même du travail d’enseignant est d’avoir une incidence positive sur la vie de ses élèves. Mais le Nord offre beaucoup plus de possibilités, parce qu’ici, dans nos petites collectivités, l’école représente souvent un point de rassemblement important des activités communautaires. Comme enseignants, nous avons donc la chance et l’honneur de tisser des liens intimes et solides avec les familles, que ce soit en accueillant les élèves, leurs parents et grands-parents lors des fêtes communautaires, en nous joignant aux célébrations de la collectivité, en participant à une partie de chasse communautaire ou en encadrant un voyage scolaire dans un pays éloigné. Dans le Nord, les chances de se rapprocher des familles et de la collectivité et d’avoir une incidence positive sur leur vie abondent. Grâce à mon rôle d’enseignant et d’administrateur aux TNO, chaque jour qui a passé m’a apporté de la satisfaction. En effet, on trouve chaque jour de nouveaux défis à relever, mais aussi de nouvelles possibilités et de nouvelles occasions de célébrer. Ce sont de petits événements : un enfant qui lit un nouveau livre, notre équipe de basketball qui remporte une partie, un élève qui finit d’orner des mitaines de perles; ce sont des événements qui ont une incidence positive sur la vie des élèves, de leur famille et de toute la collectivité.