Lutte contre les feux de forêt

Terminologie courante associée aux feux de forêt

Voici certains termes courants pour vous aider à comprendre la lutte contre les feux de forêt, de même que les conditions et les comportements des feux.

Tous les termes et définitions sont inspirés du glossaire des termes courants du Centre interservices des feux de forêt du Canada inc. (CIFFC).

Pour en apprendre davantage sur les termes associés aux feux de forêt, veuillez consulter le glossaire complet du CIFFC.

Notions de base

Feu ou incendie d’origine humaine

Feu que l’on pense être causé par l’activité humaine, par exemple, les feux de camp, les mégots de cigarettes jetés de manière imprudente ou les arbres coupés par des particuliers ou des entreprises qui atterrissent sur des lignes électriques. 

Feu ou incendie causé par la foudre

Feu que l’on pense être causé par la foudre. La plupart des feux de forêt aux Territoires du Nord‑Ouest sont causés par la foudre.

Combustibles

Matière organique susceptible de brûler (définition propre au domaine de la lutte contre les feux de forêt). Il s’agit le plus souvent d’éléments naturels, comme des plantes, des feuilles et des arbres.

Allumage

Embrasement de combustibles attribuable à une étincelle ou à une source de chaleur quelconque. L’allumage est à l’origine de tous les feux de forêt.

Tisons

Petits morceaux de combustibles enflammés susceptibles de s’envoler, de voyager loin du lieu principal du feu et d’allumer possiblement d’autres combustibles au sol. Ils jouent un rôle important dans la propagation et la croissance des feux de forêt.

Suppression des feux (ou des incendies)

Efforts des pompiers forestiers les feux de forêt et des pilotes des avions-citernes ou des hélicoptères qui tentent activement d’empêcher un feu de forêt de prendre de l’ampleur ou de se propager.

Ligne de feu

Endroit où il existe une coupure naturelle ou artificielle dans les combustibles et qui sera utilisé par les pompiers forestiers pour contenir les feux de forêt ou déployer leurs ressources. Des lignes de feu sont souvent créées par des pompiers forestiers qui éliminent tout combustible potentiel, comme les arbres ou les buissons, ou des avions-citernes qui répandent des agents ignifuges.

Maîtrise du feu

Achèvement d’une ligne de feu autour d’un incendie, de plus petits feux qu’il a causés ou d’îles intérieures à préserver; refroidissement de tous les points chauds qui constituent des menaces immédiates pour la ligne de suppression jusqu’à ce qu’elle puisse tenir le coup dans des conditions prévisibles. 

Valeurs à protéger

Tout élément au sol qui présente de l’intérêt. Il peut notamment s’agir des éléments suivants :

  • Collectivités
  • Chalets
  • Infrastructures essentielles
  • Campements
  • Habitats fauniques essentiels
  • Lieux revêtant une importance culturelle (p. ex., lieux de sépulture)

Lorsque les responsables prennent la décision de lutter contre un feu de forêt ou de le laisser brûler naturellement, les valeurs à protéger sont les éléments les plus importants à prendre en considération.

Patrouille pour détecter la présence de fumée

Inspection du territoire par le service de lutte contre les feux de forêt à la recherche de signes d’incendie, le plus évident étant généralement la fumée.

Conditions des feux de forêt (stades de maîtrise)

Conditions décrivant les différents stades de maîtrise d’un feu de forêt. Cliquez sur les abréviations entre parenthèses pour afficher les conditions des feux de forêt dans votre région sur la carte des feux de forêt en temps réel des TNO. Passez simplement votre souris au-dessus des feux de forêt qui vous intéressent le plus. 

Hors contrôle (HC)

Feu de forêt pour lequel aucun périmètre n’a encore été établi et la progression de son périmètre n’est pas encore contenue. Il importe de noter qu’un feu de forêt peut être hors contrôle, mais ne présenter aucun danger pour qui que ce soit.

Contenu (C)

Stade indiquant que des mesures de suppression suffisantes ont été prises par les ressources actuellement déployées afin que le feu de forêt ne se propage pas au-delà des limites existantes ou prédéterminées dans les conditions actuelles et prévues. 

Maîtrisé (M)

Feu de forêt pour lequel des mesures de suppression suffisantes ont été prises pour empêcher toute propagation ultérieure.

Extinction finale

Surveillance de la zone touchée par le feu de forêt pour vérifier les points chauds ou menaçants afin d’éviter de nouvelles flambées.

Éteint (E)

Feu de forêt ayant été complètement éteint.

Risque d’incendie

Terme généralement utilisé pour désigner l’évaluation des facteurs fixes et variables de l’environnement d’un feu qui déterminent l’inflammabilité, le taux de propagation, la difficulté de maîtrise et les répercussions du feu. 

Nous utilisons les termes faible, modéré, élevé et extrême sur les panneaux de signalisation des TNO. Voici leur signification :

  • Faible : Possibilité de faire des feux de camp ou d’entreprendre d’autres activités de brûlage, sous réserve d’une surveillance régulière. Des incendies peuvent facilement se déclarer, mais il y a une présence minimale de couches de combustibles plus profondes ou d’un grand volume de combustibles.
  • Modéré : Possibilité de faire des feux de camp ou d’entreprendre d’autres activités de brûlage, sous réserve d’une prudence accrue. Les combustibles forestiers s’assèchent, et il y a un risque accru d’incendies de surface.
  • Élevé : Si le danger est élevé, ce n’est pas une bonne idée d’allumer un feu de camp ou d’entreprendre d’autres activités de brûlage, à moins que cela ne soit nécessaire pour se nourrir ou se réchauffer. Les combustibles forestiers sont très secs, et le risque d’incendie est grave. De nouveaux feux peuvent facilement se déclarer, prendre de la vigueur et faire obstacle aux efforts d’extinction des feux de forêt. Il faut faire preuve d’une extrême prudence lors de toute activité en forêt. Les activités industrielles et de combustion à ciel ouvert peuvent être limitées.
  • Extrême : Lorsque le danger est extrême, il convient d’éviter d’allumer un feu de camp ou d’entreprendre des activités de brûlage, à moins qu’il s’agisse de la seule option pour se nourrir ou se réchauffer. Les combustibles forestiers sont extrêmement secs, et le risque d’incendie est très sérieux. De nouveaux feux se déclareront facilement, se propageront rapidement et feront probablement obstacle aux efforts d’extinction des feux de forêt. Les activités générales en forêt peuvent être restreintes, y compris la combustion à ciel ouvert, les activités industrielles, le tir à la cible et les feux de camp.

Couches de combustibles

Les couches de combustibles sont souvent utilisées pour décrire l’environnement dans lequel les feux de forêt se déclarent et la manière dont ils se propagent.

Couche des combustibles de profondeur

Toute matière combustible située au-dessous de la litière, laquelle comprend les matières organiques compactées (humus), et qui est susceptible d’alimenter les feux couvants et d’accentuer considérablement l’intensité d’un feu dans des conditions de grande sécheresse.

Couche des combustibles de surface

Toute matière combustible au sol et au-dessus du parterre forestier, c’est-à-dire entre le sol et les combustibles étagés. C’est à cet endroit que les feux de surface se produisent. Vous pourriez y trouver des feuilles et des brindilles mortes, des souches, des grumes, de petits et moyens arbustes et des semis d’arbre morts.

Couche des combustibles étagés

Combustibles qui assurent une continuité verticale entre les combustibles de surface et les combustibles de cime dans un peuplement forestier, contribuant ainsi à faciliter la flambée en chandelle et les feux de cime (p. ex., grands arbustes, arbres de petite taille, flocons d’écorce, lichen corticole). Ils jouent un important rôle dans l’augmentation de l’ampleur et de l’intensité des feux de forêt. 

Couche des combustibles de cime

Couche de combustibles constituée des branches, des feuilles ou des aiguilles des grands arbres. C’est la couche la plus susceptible d’être impliquée dans les feux de forêt les plus graves, les feux à croissance rapide et les feux disséminants.

Types de feux de forêt

Feu de profondeur

Feu qui se propage dans la couche des combustibles de profondeur.

Feu de surface

Feu (tête du feu, feu de flanc ou contre-feu) qui se propage dans la couche des combustibles de surface, à l’exclusion de la cime des arbres.

Feu de cime

Feu se propageant dans la couche des combustibles de cime, généralement en parallèle d’un feu de surface. Les feux de cime peuvent être classés selon leur degré de dépendance au feu de surface, comme suit :

  • Feu de cime intermittent : Feu qui brûle quelques arbres, mais dont la vitesse de propagation est contrôlée par la couche de surface.
  • Feu de cime actif : Feu qui progresse et qui est associé à un mur de flammes bien défini, s’étendant de la surface du sol jusqu’au-dessus de la couche des combustibles de cime. La plupart des feux de cime appartiennent probablement à cette classe. Le feu de cime actif commence par un feu de surface substantiel, puis les feux de surface et de cime se propagent comme une seule unité liée.
  • Feu de cime indépendant : Feu qui se propage uniquement dans la couche de combustibles de cime.

Feu disséminé

Feu de plus petite taille qui se déclare à l’extérieur du périmètre principal d’un feu plus important en raison d’étincelles ou de tisons volants.

Complexe de feux de forêt

Une situation courante où plusieurs petits feux se rejoignent dans une zone particulière. Certains des feux de forêt les plus importants et les plus difficiles aux Territoires du Nord‑Ouest sont causés par des complexes de feux de forêt.

Incendie d’envergure

Feu de forêt dont l’ampleur, la complexité ou la priorité est si grande que sa maîtrise ou son extinction nécessitent une vaste équipe, de grands investissements et des délais importants.

Descriptions courantes des comportements des feux de forêt

Feu couvant

Feu qui ne se propage pratiquement pas et qui brûle sans flammes.

Feu rampant

Feu se propageant lentement au sol et ne produisant généralement que des flammes basses.

Feu courant

Feu qui se propage rapidement et dont le front est bien défini.

Flambée en chandelle

Embrasement soudain d’un arbre ou d’un petit groupe d’arbres, le feuillage prenant généralement feu du bas vers le haut. 

Feu disséminant

Feu produisant des tisons portés par le vent de surface, un tourbillon de feu ou une colonne de convection qui tombent au-delà de la zone de feu principale, provoquant un nouvel incendie qui rejoindra ou non le feu d’origine.

Feu de cime

Feu montant vers la cime des arbres, à savoir la partie où se trouvent les branches, les feuilles ou les aiguilles, et qui se propage de cime en cime. 

Flambée explosive

Augmentation forte, soudaine et inattendue de l’intensité ou de la propagation d’un feu de forêt, ou d’une partie d’un feu de forêt. Une flambée explosive bouleversera les mesures ou les plans généraux de lutte contre les incendies. Elle peut survenir dans le cas de feux de forêt d’intensité modérée ou très forte.

Principales tactiques de lutte contre les feux de forêt

Attaque initiale

Mesure prise pour freiner la propagation, réelle ou potentielle, d’un feu de forêt par la première équipe de lutte contre les incendies qui arrive sur les lieux. Ces mesures comprennent la formation de lignes de suppression, également appelées lignes de feu, et la préparation du terrain pour combattre le feu de forêt, selon la méthode sélectionnée.

Attaque directe

Méthode selon laquelle les pompiers et les professionnels qui les assistent par voie aérienne prennent des mesures à proximité du feu pour cesser sa propagation. Les mesures peuvent inclure le déversement d’eau ou d’agents chimiques directement sur le feu de forêt ou la création de lignes de suppression (efforts pour distancer les combustibles brûlés et de ceux non brûlés). Cette méthode est plus souvent utilisée dans le cas de feux de faible intensité, où les pompiers peuvent s’en approcher en toute sécurité.

Attaque indirecte

Méthode selon laquelle les pompiers et les professionnels qui les assistent par voie aérienne prennent des mesures à une certaine distance du feu pour influencer sa propagation en tirant parti des endroits où il y a naturellement moins de combustibles et en créant des lignes de feu afin de l’empêcher de se propager davantage.

Contre-feu

Forme d’attaque indirecte dans le cadre de laquelle un incendie est allumé le long de la bordure intérieure d’une ligne de suppression ou d’une barrière naturelle, habituellement à une certaine distance du feu de forêt (calculée en fonction des courants d’air), afin de brûler les combustibles sur le chemin du feu d’origine et ainsi ralentir ou arrêter sa propagation. 

Feux dirigés

Feu allumé intentionnellement sur un territoire déterminé conformément à une prescription de brûlage précise et approuvée pour atteindre les objectifs fixés. Cette tactique est souvent utilisée pour prévenir les dommages aux collectivités et protéger les zones sur lesquelles l’on retrouve des chalets et des infrastructures essentielles. On s’en sert également pour créer des lignes de feu (dans le cadre d’activités de lutte contre les feux de forêt).