Discours prononcé par le premier ministre R. J. Simpson dans le cadre de la conférence « Geoscience Forum », le 25 novembre 2025.
Bonjour. Mahsi cho d’être ici aujourd’hui.
Les Territoires du Nord-Ouest sont au cœur de l’avenir du Canada lorsqu’il est question de ressources. Des minéraux critiques à une géologie de classe mondiale, notre territoire possède les matériaux et l’expertise dont le Canada a besoin pour rester compétitif dans une économie mondiale en pleine évolution.
Les ressources naturelles sont, et demeureront, le pilier de l’économie ténoise, et avec raison. Les TNO disposent non seulement du plus grand potentiel minier au Canada, mais également de la planète. L’exploitation des ressources a permis des générations de Ténois de subvenir aux besoins de leur famille, et demeure notre voie la plus sûre vers la stabilité, la prospérité et l’autonomie à long terme. Notre avenir économique réside dans l’exploitation responsable des ressources.
C’est pourquoi ce colloque est si important.
Merci à la Chambre des mines et au ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement du GTNO d’avoir organisé le Colloque sur les sciences de la Terre. Année après année, grâce à notre partenariat, des dirigeants de l’industrie, des chercheurs, des décideurs politiques et des gouvernements se réunissent pour participer à ce qui est devenu le plus grand congrès sur l’exploitation minière et pétrolière aux TNO.
Les réalisations mises en valeur lors du Colloque sur les sciences de la Terre — des nouvelles activités d’exploration jusqu’aux recherches environnementales, en passant par les perspectives des collectivités — éclairent les décisions que nous prenons en tant que gouvernement. Elles contribuent à orienter l’aménagement du territoire, façonnent les processus réglementaires, et approfondissent notre compréhension des possibilités qui s’offrent à nous et des défis qui nous attendent.
Les géosciences constituent une feuille de route pour notre avenir économique et sont la pierre angulaire d’une exploitation des ressources responsable. Elles nous indiquent les secteurs présentant un potentiel, nous apprennent à protéger nos terres et notre eau, et informent la manière de développer des projets qui génèrent des emplois et des avantages pour les résidents du Nord. La recherche, la collaboration et les idées dont vous discutez ici cette semaine façonnent la façon dont nous travaillons avec les gouvernements autochtones, l’industrie et les collectivités pour faire croître notre économie et créer des perspectives durables.
À l’heure actuelle, le monde recherche exactement ce que le Nord peut offrir. La demande mondiale en minéraux critiques explose, et le Canada compte sur les régions du Nord pour former le premier maillon des chaînes d’approvisionnement qui seront le fondement de l’avenir industriel du Canada et de la prospérité de notre pays à long terme.
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest comprend que nous devons nous investir pour tirer profit de cette occasion et contribuer à propulser le Canada vers la prospérité.
À cette fin, nous déployons notre énergie à faire avancer la découverte de minéraux critiques, à accroître la certitude réglementaire, à susciter de nouvelles activités d’exploration, et à bâtir les infrastructures nécessaires à la réduction des coûts d’exploitation dans le Nord. Et nous ne travaillons pas seuls : nous partageons l’intendance de cette terre avec les peuples autochtones des TNO. Nous entreprenons donc ces efforts en étroite collaboration, en nous assurant que les gouvernements et les entreprises autochtones sont des leaders et des partenaires à chaque étape du développement, des toutes premières activités d’exploration jusqu’à l’acquisition et l’exploitation. S’assurer de la participation des Autochtones ne crée pas d’obstacles, bien au contraire : cela permet d’accélérer la réalisation des projets. C’est ainsi que nous faisons avancer les choses aux Territoires du Nord-Ouest.
Les gisements de minéraux naturels de classe mondiale ne sont qu’une fraction de nos ressources. Les TNO recèlent également de réserves considérables de gaz naturel et de pétrole, tant sous la terre qu’en mer, qui ont le potentiel de soutenir le développement économique et la sécurité énergétique des résidents du Nord, des Canadiens et de nos alliés à l’étranger.
Lorsqu’il s’agit de ressources conventionnelles et commercialisables, les TNO renferment des centaines de millions de barils de pétrole et des dizaines de billions de pieds cubes de gaz naturel. Les estimations des réserves non conventionnelles et non découvertes sont monumentales.
En ce moment, un moratoire fédéral sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières extracôtières nous empêche d’exploiter nos ressources extracôtières, et entrave le développement des ressources intracôtières. Ce moratoire signifie que les TNO ratent des occasions de créer des emplois et de générer des revenus territoriaux, sans compter qu’il affaiblit la capacité du Canada à se positionner comme superpuissance énergétique mondiale. En principe, le moratoire sera levé en 2028, mais nous continuons de faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il le lève dès que possible. Une fois le moratoire levé, les résidents du Nord pourront se prononcer directement sur l’exploitation du pétrole et du gaz extracôtiers grâce à l’Accord de l’Arctique de l’Ouest Tariuq. Signé en 2023, cet accord est une entente entre le gouvernement du Canada, les TNO, le Yukon et la Société régionale inuvialuite, qui garantira que la population du Nord sera la première à tirer profit de l’activité économique découlant de l’exploitation pétrolière et gazière dans la région. J’ai hâte à ce jour!
J’ai beaucoup parlé de possibilités, et ça commence par ce qu’il y a dans le sol. Le progrès s’amorce par la manière dont nous nous ancrons dans la terre. Pour faire avancer les projets d’exploitation des ressources dans le Nord, nous avons besoin des routes, des systèmes énergétiques et des réseaux qui permettent de concrétiser le développement, en passant de la théorie des cartes et des modèles à la mise en pratique sur le terrain.
Les ressources sont là. Le Canada et ses alliés en ont besoin. Mais comment faire pour y accéder?
C’est ici que le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique entre en jeu.
Ce n’est pas seulement une question d’infrastructures. Il s’agit d’un projet d’intérêt national axé sur les géosciences; d’une route toutes saisons qui ouvrirait la province géologique des Esclaves, l’une des régions les plus riches en minéraux et les plus importantes au monde sur le plan géologique, à de nouvelles activités d’exploration et au développement. La route relierait cette région à fort potentiel minier à la mer grâce au projet de route et de port de Grays Bay, au Nunavut, situé dans le passage du Nord-Ouest.
Voyez la province géologique des Esclaves comme le Cercle de feu de l’Ontario, mais avec un nom moins accrocheur.
Depuis un quart de siècle, les mines de diamants exploitent des ressources dans la région, soutenues par une route d’hiver qui coûte 25 millions de dollars à construire chaque année. Et tous les printemps, cette route disparaît. Si on avait construit une route toutes saisons dans la région lorsqu’on se préparait à exploiter les mines de diamants il y a 30 ans ou lorsque John Diefenbaker militait en faveur de cette route il y a 60 ans, la conversation nationale sur les minéraux critiques, la souveraineté et la sécurité serait bien différente aujourd’hui. Je ne veux pas entendre un autre premier ministre ici dans 30 ans parler de ce qui aurait pu être fait, et c’est pourquoi nous prenons des mesures musclées pour faire avancer ce projet.
Nous le désignons comme un corridor parce que nous le concevons comme bien plus qu’une simple route, comme un lien vers un autre grand projet : l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson, qui permettrait d’accroître la production d’électricité à partir d’une installation existante, de créer de la redondance en reliant nos deux réseaux d’hydroélectricité, et de jeter les bases d’une future ligne de transport d’électricité qui longerait le corridor. Depuis des décennies, l’industrie répète la même chose : créez le corridor et les investissements suivront. Aujourd’hui, nous sommes plus près que jamais de notre but. Pourquoi? En raison, entre autres, de notre collaboration avec les peuples, les collectivités et les gouvernements autochtones qui possèdent les terres sur lesquelles les projets seront construits. Je le répète : la participation des Autochtones accélère le développement dans le Nord.
Dans la partie ouest du territoire, nous réalisons des progrès concernant un autre projet dont on parle depuis très longtemps : la route de la vallée du Mackenzie. Bien qu’on la qualifie de route, il s’agit plutôt d’un étroit chemin de gravier. Mais cela n’en diminue pas l’importance pour autant.
Ce projet a pour première phase la construction d’une route toutes saisons de 321 kilomètres qui longera le fleuve Mackenzie de Wrigley à Norman Wells. En dépit de l’absence d’un accès routier, la région de Norman Wells exploite depuis plus d’un siècle du pétrole qu’elle achemine vers l’Alberta par l’entremise d’un pipeline. La deuxième phase du projet consiste à prolonger la route de 400 kilomètres vers le nord, pour rejoindre la route Dempster, le delta du Mackenzie et l’océan Arctique.
Cette route ouvrira une vaste région du Canada à de nouvelles activités d’exploration, orientées par le genre de recherches géoscientifiques mises en valeur dans ce colloque. Elle soutiendra également l’exploitation responsable des ressources et procurera de vrais avantages aux collectivités, comme un accès routier fiable en toutes saisons, des lignes d’approvisionnement plus sûres, et des interventions d’urgence plus rapides.
Le projet de la route progresse parce que nous travaillons en partenariat avec les gouvernements autochtones. Nous avons signé un protocole d’entente avec le Sahtu Secretariat Incorporated, qui définit la façon dont nous travaillerons ensemble pour faire avancer le projet, et nous avons récemment signé un plan de travail conjoint avec la Première Nation Pehdzéh Ki pour orienter la planification collaborative des tracés routiers possibles pour le tronçon de la route qui passe sur ses terres traditionnelles. Nous accomplissons de vrais progrès grâce à de véritables collaborations.
Ces trois projets réunis représentent la plus grande expansion de l’exploitation des ressources au Canada depuis la construction du chemin de fer transcontinental.
Ces progrès reflètent notre engagement à transformer les découvertes et les perspectives transmises ici cette semaine en mesures concrètes pour créer les conditions nécessaires aux investissements, aux partenariats et à la prospérité du Nord à long terme.
Les projets d’édification nationale dans le Nord commencent par la compréhension de la terre qui se trouve sous nos pieds.
Le renforcement des connaissances passe par les sciences de la terre. Chaque carte, chaque ensemble de données et chaque exposé présentés cette semaine nous rapprochent d’un avenir où le Nord est non seulement riche en ressources, mais également riche en possibilités.
Transformer ces connaissances en mesures sur le terrain nécessite des investissements ciblés dans les infrastructures qui ouvrent l’accès aux ressources, soutiennent les activités d’exploration, et permettent aux collectivités et aux industries de croître. Les priorités du GTNO — des corridors comme la route de la vallée du Mackenzie, des projets énergétiques transformateurs comme l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson, et des travaux que nous effectuons pour encourager le développement des minéraux critiques — dépendent toutes des sciences de la terre dont il est question ici.
Alors, continuons d’aller de l’avant. Continuons de promouvoir les découvertes, de soutenir l’innovation, et de transformer les connaissances en mesures concrètes. Définissons la notion d’exploitation des ressources responsable, non seulement pour aujourd’hui, mais pour les futures générations qui hériteront du Nord que nous nous efforçons de bâtir.
Je suis optimiste quant à notre objectif. Ensemble, nous traçons un avenir où les Territoires du Nord-Ouest sont des figures de proue de l’exploitation des ressources responsable, des systèmes énergétiques modernes, et de l’innovation menée par le Nord. Ensemble, nous pouvons bâtir un Nord plus fort, dynamique et uni. Un Nord qui reflète nos valeurs, respecte nos partenariats, et crée des possibilités pour chaque collectivité dans l’ensemble du territoire.
Mahsi cho. Merci, et bon colloque.

