Lesa Semmler, ministre de la Santé et des Services sociaux, a publié la déclaration suivante en réponse au rapport de la vérificatrice générale sur les Services à l’enfance et à la famille, ainsi qu’aux récentes discussions publiques entourant ses conclusions :
« Au cours des derniers jours, le rapport de la vérificatrice générale sur les Services à l’enfance et à la famille a suscité des discussions publiques animées.
Je tiens à m’adresser aux familles, au personnel de première ligne, aux gouvernements autochtones, aux collectivités et à toutes les personnes qui ont à cœur la sécurité et le bien-être des enfants aux Territoires du Nord-Ouest.
Les conclusions du rapport de la vérificatrice générale sont graves.
Les enfants et les familles qui s’en remettent aux Services à l’enfance et à la famille comptent parmi les personnes les plus vulnérables des Territoires du Nord-Ouest. Lorsque le système ne respecte pas les normes de façon constante, il y a des conséquences. Des conséquences profondes. En tant que ministre, je prends cette responsabilité très au sérieux.
La vérificatrice générale a cerné des lacunes graves et réelles. Les signalements de cas présumés de maltraitance n’ont pas toujours fait l’objet d’une évaluation dans les délais prescrits. Les enquêtes n’ont pas toujours été menées à bien en temps requis. Les enfants pris en charge n’ont pas tous bénéficié d’une prise de contact mensuelle régulière. Trop d’enfants autochtones ne disposaient pas d’un plan de soutien culturel documenté. Les taux de postes vacants étaient trop élevés, la charge de travail trop lourde, et la formation a accusé des retards.
Ces conclusions sont inacceptables. Elles exigent des mesures concrètes.
C’est pourquoi le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a accepté chacune des recommandations du rapport de la vérificatrice générale.
Sans exception.
Assumer la responsabilité, c’est accepter les conclusions du rapport. C’est aussi donner suite aux recommandations.
Nous devons mesurer avec exactitude le respect ou le non-respect des normes. Nous devons offrir des mesures de soutien plus solides et plus cohérentes aux familles d’accueil et aux foyers collectifs. Nous devons mieux comprendre les besoins à combler en matière d’effectifs et de ressources pour accomplir ce travail comme il se doit, et nous devons veiller à ce que le personnel dispose du soutien nécessaire. Enfin, nous devons une totale transparence à la population sur les progrès accomplis et les efforts qu’il reste à déployer.
Nous avons agi et nous avons constaté des améliorations, mais nous savons que le travail est loin d’être terminé.
Ce n’est pas la première fois que les Services à l’enfance et à la famille font l’objet d’un audit. Les audits de 2014 et de 2018 avaient eux aussi mis en lumière des défaillances de longue date. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir s’il reste des défis de taille à relever.
Il en reste.
La question est de savoir si le système a évolué.
Et c’est le cas.
En 2018, seuls 21 % des dossiers examinés comptaient un préposé responsable des visites de courtoisie. En 2026, chaque dossier examiné qui nécessitait un tel préposé en avait un.
En 2018, seuls 11 % des foyers d’accueil examinés avaient fait l’objet d’une évaluation annuelle. En 2026, ce taux a atteint 81 %. Il ne s’agit pas de simple paperasse, mais d’une surveillance en bonne et due forme des milieux de vie des enfants.
Le taux de conformité concernant la tenue d’entretiens avec les personnes assumant la charge quotidienne principale de l’enfant s’élève désormais à 100 %, et celui des entretiens avec les enfants concernés a grimpé à 83 %.
Ce sont là des changements tangibles. Ils n’effacent pas les lacunes qui subsistent, mais prouvent que les efforts ciblés finissent par porter fruit.
L’un des indicateurs les plus importants de la performance d’un système de protection de l’enfance est la fréquence à laquelle il se substitue de façon permanente à la famille.
Depuis le rapport du vérificateur général de 2014, le nombre d’enfants visés par une ordonnance de garde permanente est passé de 177 à 95. Les ordonnances de garde temporaire ont également chuté, passant de 198 à 51.
Ces chiffres représentent des enfants en chair et en os. Des enfants qui ont de meilleures chances de conserver des liens avec leurs parents, leur fratrie, leur famille élargie, leur culture et leur communauté. C’est la promesse de voir moins d’enfants grandir avec le gouvernement pour seul parent permanent.
Et c’est important.
En 2024-2025, les Services à l’enfance et à la famille ont pris soin de 1 199 enfants et jeunes. Cinquante-deux pour cent d’entre eux ont bénéficié de services de prévention, et non d’ordonnances de protection. Environ les trois quarts sont restés au sein de leur foyer familial tout en recevant des services et du soutien. Cinquante-cinq pour cent des enfants autochtones placés hors de leur milieu familial l’ont été auprès de personnes autochtones. De plus, quinze adoptions sur seize étaient des adoptions selon les coutumes autochtones.
Ce système n’est pas là pour retirer les enfants de leur milieu. C’est un système qui met de plus en plus l’accent sur la prévention, le soutien aux familles, l’enracinement culturel et le maintien des enfants, dans la mesure du possible, en sécurité auprès de leur famille et de leur communauté.
Est-ce suffisant?
Non.
Le travail est-il terminé?
Non.
Mais c’est un pas dans la bonne direction, et ce progrès compte.
Je n’occupe pas ce poste en tant que simple spectatrice.
Je suis une femme autochtone. Je suis infirmière et ancienne professionnelle de la santé de première ligne. J’ai travaillé au sein même de ce système. J’ai également grandi dans une famille et une communauté autochtones où j’ai vu, et où j’observe encore aujourd’hui, les effets directs des dépendances, des traumatismes, du colonialisme et des défaillances systémiques.
J’ai vu des membres de ma famille porter la douleur d’avoir perdu leurs enfants au profit du système des Services à l’enfance et à la famille, et j’ai constaté les répercussions de cette situation sur les enfants.
Cette douleur, je la connais. Je l’ai toujours connue.
Je sais aussi ce que l’on ressent lorsque le système manque à son devoir envers les familles, surtout les familles autochtones, et je sais à quel point ces blessures sont durables.
Cette expérience vécue m’a façonnée et m’a menée vers la politique, parce que j’avais la conviction que, si l’occasion m’en était donnée, je pourrais aider à changer ce système de l’intérieur.
Ce système a été forgé par des générations de colonialisme et de racisme systémique. Les traumatismes qu’il véhicule et la méfiance qu’il a engendrée sont le résultat de décennies de préjudices envers les peuples autochtones, envers mon peuple.
Cette méfiance, je la connais intimement.
Je l’ai vécue, des deux côtés.
C’est pourquoi le travail qui nous attend ne peut pas se limiter qu’à l’amélioration de la conformité. Il doit porter sur la transformation du fonctionnement du système, des lois et des politiques qui le régissent à la prestation même des services aux enfants, aux familles et aux collectivités.
Ce travail implique notamment de continuer de soutenir les gouvernements autochtones qui choisissent d’exercer leur compétence en matière de services à l’enfance et à la famille. Il implique également la reconnaissance des systèmes de prise en charge autochtones, de l’adoption selon les coutumes autochtones, du soutien de la famille élargie, de la prise en charge menée par la collectivité, ainsi que du rôle des gouvernements et des communautés autochtones pour assurer la sécurité des enfants, leur permettre de rester en lien avec leur culture et leur permettre de s’épanouir en restant fidèles à leur identité.
Ce travail implique également d’apporter des modifications importantes à la Loi sur les services à l’enfance et à la famille.
Ces modifications proposées visent à renforcer les mesures de prévention volontaire, à mettre en place de nouvelles approches collaboratives comme les cercles de soutien familial, à préserver les liens avec la famille et la culture, à reconnaître le droit de parole des enfants et des jeunes, et à préciser avec clarté qu’aucun enfant ne devrait être retiré de sa famille uniquement en raison d’une situation de pauvreté ou de conditions socio-économiques.
Ce travail est difficile, mais nécessaire. Et je demeure résolue à le réaliser.
Je tiens également à reconnaître le travail accompli tous les jours par le personnel de première ligne dans ce domaine.
Le personnel de première ligne travaille dans des circonstances difficiles. Il apporte son soutien aux familles en situation de crise. Il assume de lourdes responsabilités. On lui demande de prendre des décisions difficiles dans des situations complexes, et il mérite des directives claires, une formation solide, des outils pratiques et le soutien du système dont il fait partie.
Les conclusions de la vérificatrice générale mettent en lumière des problèmes à l’échelle du système. La réponse doit donc elle aussi s’appliquer à l’ensemble du système. Elle doit passer par des normes plus claires, de meilleurs outils, une formation plus solide, un meilleur suivi, des charges de travail plus gérables et le soutien dont le personnel de première ligne a besoin pour bien faire son travail.
Assumer la responsabilité, ce n’est pas prétendre qu’un système complexe peut être réparé du jour au lendemain.
Assumer la responsabilité, c’est reconnaître les échecs en toute honnêteté, accepter les recommandations, démontrer les progrès accomplis et s’engager à en faire davantage.
C’est ce que je fais.
C’est ce que fait notre gouvernement.
Et c’est ce que je continuerai de faire en tant que ministre de la Santé et des Services sociaux.
Le système de santé et des services sociaux subit également des pressions de manière plus générale. Je ne minimise pas ces pressions. La population est mécontente. Le personnel est épuisé. Les collectivités ont besoin d’un meilleur accès aux soins et au soutien.
La population m’en parle. Les députés de l’Assemblée législative m’en parlent. Les membres des collectivités m’en parlent. Le personnel m’en parle.
Mais la réponse à la pression qui pèse sur l’ensemble du système n’est pas de prétendre que le travail est simple. La réponse consiste à rester concentrés sur la mise en place de changements concrets, le recrutement, le soutien au personnel, l’amélioration de la planification, l’amélioration de l’accès et la responsabilisation à l’égard des résultats.
Ce travail est en cours.
Des travaux ont été entamés à l’échelle du système de santé et des services sociaux pour améliorer les soins primaires et communautaires, améliorer l’offre de services dans les petites collectivités, moderniser la législation en matière de santé, améliorer les normes relatives aux soins à domicile, aux soins communautaires et aux soins de longue durée, soutenir les logements de transition et le rétablissement des dépendances, moderniser le programme de déplacements pour raisons médicales, améliorer l’accès au dépistage du cancer et aux soins oncologiques, accroître les services de soutien en santé publique et en réduction des méfaits, et faire progresser la mise à niveau des infrastructures de santé et des systèmes d’information essentiels.
Cela ne signifie pas que tous les problèmes seront résolus rapidement.
Cela signifie que le travail est en cours, et je m’engage à le mener à bien.
Je comprends la frustration des gens. Je comprends pourquoi les gens sont impatients. Je comprends pourquoi les familles, les collectivités, les députés et les gouvernements autochtones s’attendent à mieux.
Ils ont le droit de s’attendre à mieux.
Les enfants et les familles méritent mieux.
C’est grâce au travail réalisé que nous répondons à cette attente : modifications législatives, mesures de soutien à la main-d’œuvre, services de prévention, partenariats avec les gouvernements autochtones et responsabilisation continue à l’égard des résultats.
C’est sur ces aspects que j’ai concentré mes efforts.
Et c’est sur ces aspects que je continuerai de concentrer mes efforts.
Je ne demande à personne d’accepter que le système soit satisfaisant.
Il ne l’est pas.
Je souhaite faire savoir à la population que le travail pour changer le système est en cours, que je suis responsable de la poursuite de ce travail et que je ne renoncerai pas à cette responsabilité.
J’ai accepté d’assumer ce rôle parce que je crois que ce système peut changer.
Je continue d’assumer ce rôle parce que je suis déterminée à mener ce changement à bien.
C’est ce qu’exige la responsabilisation.
C’est ce qu’exige ce travail.
Et c’est ce que méritent les enfants, les familles et les collectivités de partout aux Territoires du Nord-Ouest. »
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