Le développement des Territoires du Nord-Ouest : un pari stratégique sur la prochaine phase de croissance du Canada

Déclarations et discours de ministres

Pour exploiter pleinement le potentiel de ce territoire, de simples investissements publics ne suffiront pas : il faudra aussi mettre en place un système de réglementation efficace.

R.J. Simpson, premier ministre des Territoires du Nord-Ouest

Remarque : Ce document est une réimpression d’un article d’opinion publié par The Financial Post le 17 avril 2026. L’article original est consultable ici (en anglais).

En mars, le premier ministre Mark Carney a mis le Nord au cœur des priorités économiques et sécuritaires du Canada lorsqu’il a annoncé plus de 40 milliards de dollars d’investissements dans la défense, les corridors économiques et l’électrification de la région de l’Arctique et du Nord du Canada.

Pour les TNO, cet engagement a commencé à se concrétiser avec la soumission de trois projets d’intérêt national au Bureau des grands projets : la route de la vallée du Mackenzie, le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique et l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson. Ces soumissions sont le signe que ces projets ne constituent pas seulement des priorités pour le Nord, mais aussi pour l’ensemble du Canada.

Ils marqueront le plus grand essor des infrastructures essentielles au Canada depuis la construction du chemin de fer transcontinental et ouvriront la voie à une transition du pays vers le statut de superpuissance énergétique et de fournisseur mondial de premier plan en minéraux critiques. Le Canada passera d’une simple nation arctique à une puissance arctique.

L’importance des gisements miniers et d’hydrocarbures des TNO est parfaitement établie. Toutefois, par le passé, le manque d’infrastructures de base a rendu inaccessibles certaines de nos régions les plus riches en ressources, ce qui a fait grimper les coûts d’exploration et de mise en valeur tout en freinant les investissements.

Nous sommes à l’aube d’une révolution en la matière : cet investissement revêt autant d’importance pour les Canadiens et les investisseurs internationaux que pour les résidents des TNO.

La route de la vallée du Mackenzie va redéfinir notre territoire. Cette route toutes saisons d’une longueur de 800 kilomètres traversera le bassin sédimentaire de l’Ouest canadien jusqu’à la côte arctique et offrira un accès sans précédent à certains des gisements de pétrole et de gaz les plus importants et les moins exploités du Canada. Elle permettra en outre de réduire les coûts d’exploitation et créera une liaison directe avec la mer de Beaufort.

À l’est, le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique reliera les TNO et le Nunavut grâce à une route toutes saisons de 400 kilomètres traversant l’une des régions les plus riches en minéraux de la planète : la province géologique des Esclaves.

Cette région contient 19 des 23 minéraux figurant sur la liste des minéraux critiques du Canada, ainsi que des gisements prouvés de métaux précieux, de métaux communs et d’éléments de terres rares. Ce corridor sera relié à un port en eau profonde situé sur le passage du Nord-Ouest, à mi-chemin entre Nome et Nuuk.

Le troisième grand projet des TNO, à savoir l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson, permettra de doubler la capacité hydroélectrique du territoire, d’assurer une redondance, d’alimenter en électricité 70 % de ses habitants avec un haut niveau de fiabilité et d’ouvrir la voie à l’électrification du Corridor économique et de sécurité de l’Arctique.

Ensemble, ces investissements dans les infrastructures feront des TNO le prochain grand pôle d’investissement au Canada. Cependant, pour exploiter pleinement le potentiel de ce territoire, de simples investissements publics ne suffiront pas : il faudra aussi mettre en place un système de réglementation efficace offrant de la clarté, de la prévisibilité et des certitudes.

En 2014, les TNO ont commencé à assumer la gestion de leurs terres et de leurs ressources, qui était auparavant assurée par le gouvernement fédéral. Pour ce faire, nous avons opté pour un système de cogestion fondé sur le principe « un projet, une évaluation ». S’appuyant sur les engagements pris dans le cadre des traités modernes, ce système concilie des mesures de protection environnementale rigoureuses et la promotion du développement durable au profit des populations du Nord.

Le gouvernement du Canada, le GTNO et les gouvernements autochtones ont chacun leur place à la table des négociations et partagent la responsabilité des décisions. De même, la législation relative aux ressources est élaborée conjointement par le GTNO et les gouvernements autochtones.

Ce type de collaboration est un atout. Les problèmes sont détectés précocement, les attentes sont clairement définies et les projets avancent en s’appuyant sur des bases plus solides et en bénéficiant d’un soutien plus large. Aux TNO, les partenariats avec les gouvernements autochtones ne constituent pas un obstacle au développement : il s’agit au contraire de la clé du succès pour ce développement.

Notre territoire offre ainsi un espace de plus en plus rare combinant stabilité politique, procédures réglementaires claires, surveillance environnementale rigoureuse et ressources naturelles très recherchées à l’échelle mondiale.

Parallèlement aux investissements à long terme dans de grands projets d’infrastructure qui permettront de réduire les coûts, de libérer des actifs inexploités et d’améliorer la rentabilité des projets, il apparaît de plus en plus clairement qu’investir aux TNO ne relève pas de la spéculation, mais constitue un pari stratégique sur la prochaine phase de croissance du Canada.