La ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Caitlin Cleveland, et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, ont publié aujourd’hui la déclaration commune suivante concernant les récentes modifications apportées au principe de Jordan :
« Partout aux Territoires du Nord-Ouest, les enfants et les familles sont touchés par les récents changements administratifs apportés au principe de Jordan. En tant que ministres territoriales – et en tant que Ténoises –, nous sommes profondément préoccupées par les conséquences imprévues de ces changements, et nous demandons au gouvernement fédéral de prendre rapidement des mesures pour protéger les acquis.
« Dans le Nord, le principe de Jordan n’est pas seulement un programme, c’est une solution. Il a contribué à combler des lacunes de longue date dans les services, favorisé la réussite des élèves et amélioré les résultats scolaires. Le taux de diplomation chez les élèves autochtones aux TNO a augmenté de 6 % au cours des trois dernières années. C’est ce type de succès qui compte, et qui est maintenant menacé.
« Les récentes restrictions, introduites par le gouvernement fédéral précédent, reviennent sur des décisions précédemment approuvées, notamment le financement des aides-enseignants, des mesures de soutien à l’apprentissage et des programmes adaptés à la culture. Déjà, près de 80 aides-enseignants à Yellowknife seulement sont confrontés à un licenciement, et d’autres postes sont à risque dans des collectivités de partout aux TNO.
« Cela signifie moins de soutien pour les élèves ayant des besoins complexes. Moins d’adultes dans les salles de classe. Plus de pression sur les enseignants. Et des familles livrées à elles-mêmes pour obtenir les services dont leurs enfants ont besoin et qu’ils méritent.
« Dans de nombreuses collectivités du Nord, le principe de Jordan n’est pas complémentaire, il est essentiel. Dans le sud du Canada, les familles peuvent avoir d’autres options. Dans le Nord, ce programme comble souvent les lacunes. Ces coupes vont aggraver les inégalités et démanteler des mesures de soutien qui commençaient enfin à fonctionner – non seulement dans le domaine de l’éducation, mais aussi dans les domaines du développement de la petite enfance, des services à l’enfance et à la famille, de la santé mentale et du traitement des dépendances et des déplacements pour raisons médicales. Les effets découlant de ces changements seront importants et se feront ressentir pendant longtemps.
« Parallèlement, les nouvelles exigences administratives – comme l’obligation d’obtenir une recommandation d’un professionnel de la santé – font peser un fardeau supplémentaire sur notre système de santé, qui est déjà surchargé. Ces changements risquent de priver les services de première ligne de ressources cliniques essentielles, au moment même où nous nous efforçons d’alléger les lourdeurs administratives et d’améliorer l’accès dans l’ensemble du système de santé et des services sociaux.
« Ce n’est pas seulement une question de budget – on risque de saper l’intention même du principe de Jordan. Le Tribunal canadien des droits de la personne a statué qu’aucun enfant des Premières Nations ne devait se voir refuser l’accès à des services en raison de querelles juridictionnelles ou d’obstacles administratifs. C’est ce qui a conduit à la création de ce programme. L’annuler aujourd’hui reviendrait à rompre cette promesse.
« Nous reconnaissons que ces décisions ont été prises sous un gouvernement précédent et que les pressions budgétaires sont réelles. Mais les réalités du Nord exigent des solutions adaptées au Nord. C’est pourquoi nous avons proposé une voie claire pour l’avenir : maintenir les niveaux de financement actuels au moins jusqu’en 2026 tout en collaborant avec les partenaires du Nord et autochtones pour élaborer conjointement un modèle adapté à la région et reflétant les besoins sur le terrain.
« La semaine dernière, nous sommes allées à Ottawa pour faire part de ces préoccupations directement aux ministres et fonctionnaires fédéraux. Nous avons été rejoints par la députée Jane Weyallon-Armstrong, présidente du Comité permanent des affaires sociales et ardente défenseure des enfants et des familles autochtones. Comme la députée Weyallon-Armstrong l’a déclaré :
« Le principe de Jordan fonctionnait dans le Nord. Il a aidé les enfants à rattraper leur retard et à s’épanouir, en particulier dans les petites collectivités où les mesures de soutien sont rares. L’annuler maintenant nuirait à ceux-là mêmes qu’il est censé aider. Je suis encouragée par les premiers signaux émis par le nouveau gouvernement fédéral et j’espère qu’il agira rapidement pour protéger les progrès réalisés et renforcer les mesures de soutien dont dépendent nos enfants. »
« Nous tenons également à remercier les gouvernements autochtones qui ont fait entendre leur voix à Ottawa : le grand chef tłı̨chǫ Jackson Lafferty, le Ɂek'wahtı̨dǝ́ Danny Gaudet du gouvernement Got’ı̨nę de Délı̨nę, et le chef Ernest Betsina de la Première Nation des Dénés Yellowknives. Leur leadership et leur capacité à défendre les intérêts de leurs résidents ont été essentiels.
« Par ailleurs, nous remercions le premier ministre R. J. Simpson d’avoir soulevé cette question directement auprès du premier ministre Carney lors de leur première rencontre officielle en tête-à-tête. Nous saluons la détermination du premier ministre et son engagement à assurer le suivi auprès du ministre fédéral des Finances pour que cette question soit traitée au plus haut niveau.
« Dans l’ensemble, les premiers échos de nos réunions à Ottawa – de la part du premier ministre et des ministres fédéraux – ont été positifs. Ils reconnaissent clairement que les réalités du Nord sont différentes et que les solutions doivent en tenir compte. Il existe également un consensus sur le fait que des programmes comme le principe de Jordan sont essentiels pour faire progresser la réconciliation et améliorer les résultats pour les enfants et les familles autochtones.
« Nous espérons – et nous sommes confiants – que le nouveau gouvernement travaillera avec nous pour faire le nécessaire. Nous nous engageons à collaborer étroitement avec nos partenaires fédéraux et autochtones pour concevoir un modèle qui fonctionne sur le terrain, qui tienne compte de notre situation particulière et qui garantisse qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte.
« Nous sommes disposées à travailler ensemble pour protéger les enfants, faire respecter l’esprit et l’intention du principe de Jordan et veiller à ce que les familles autochtones et ténoises continuent de recevoir le soutien dont elles ont besoin.
« Il faut agir maintenant. Les enfants des Territoires du Nord-Ouest comptent sur nous. »
L’honorable Caitlin Cleveland
Ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation
L’honorable Lesa Semmler
Ministre de la Santé et des Services sociaux
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