Premier's Territorial Address Speech

Déclarations et discours de ministres

Yellowknife — 4 février 2025

Bonjour, et merci d’assister à ce premier discours territorial du premier ministre.

La 20e Assemblée législative a à peine plus d’un an, et en peu de temps, nous avons connu des victoires et des tragédies, saisi de nouvelles occasions et fait face à des obstacles familiers. Les changements sur le plan politique, tant chez nous qu’à l’étranger, nous forcent à reconsidérer la dynamique géopolitique mondiale établie de longue date. Aujourd’hui, prenons un moment pour faire un bilan de l’année écoulée, regarder vers l’avenir et parler de la gouvernance aux Territoires du Nord‑Ouest.

Je voudrais tout d’abord parler d’une menace sérieuse qui plane non seulement sur l’économie du Canada, mais aussi sur sa souveraineté, proférée par un pays qui est notre ami et allié depuis des générations. Le gouvernement américain a annoncé il y a tout juste trois jours l’imposition de tarifs douaniers élevés sur les marchandises canadiennes. Hier, cette mesure a été suspendue pendant 30 jours. L’avenir est incertain, mais ce qui est sûr, c’est que l’ordre politique établi – selon lequel la souveraineté des pays est respectée et les négociations priment sur la coercition – est en train de changer. Nous devons nous adapter.

Bien sûr, les Territoires du Nord-Ouest ne sont pas seuls et font front commun avec chaque province et chaque territoire, le gouvernement fédéral, les entreprises, les syndicats, les ONG et les citoyens de notre formidable pays : nous faisons partie d’une équipe unie et forte, l’Équipe Canada. Nous avons tous un rôle à jouer pour répondre à cette menace et nous entraider si nous devons nous adapter à un nouvel ordre économique.

Le GTNO fera son devoir. Étant donné la suspension temporaire de l’imposition des tarifs douaniers, nous avons décidé de suspendre l’arrêt de l’approvisionnement en produits américains, mais nous nous tenons prêts à passer à l’action en cas de besoin. Je me rendrai à Washington, D.C., la semaine prochaine avec les autres premiers ministres pour réitérer l’importance d’une relation solide et stable entre le Canada et les États-Unis aux décideurs américains.

Ici aussi, nous pouvons agir. J’encourage les résidents et les entreprises à acheter canadien dans la mesure du possible. Si 40 millions de Canadiens s’engagent à acheter canadien, nous sauverons des emplois et stimulerons l’investissement. De plus, y a-t-il un meilleur moment pour explorer notre propre pays? Les TNO sont vastes et magnifiques et offrent des expériences incomparables aux touristes. Qu’y a-t-il de plus patriotique que d’explorer le Nord canadien?

Cette situation met en exergue un problème plus profond, à savoir la dépendance de notre pays envers les États-Unis. À bien des égards, nous avons nous-mêmes créé ce problème. Si nous nous efforçons de répondre à ces menaces extérieures, nous devons également consolider notre base. Le commerce intérieur reste soumis à des politiques protectionnistes et à une réglementation non coordonnée qui freinent l’efficacité. Le retrait de ces obstacles stimulerait le PIB, attirerait les investissements et contrerait les possibles tarifs douaniers américains.

Au niveau national, le travail du Comité du commerce intérieur, dont l’ensemble des provinces et territoires sont des membres, a pris une nouvelle ampleur. Le commerce intérieur a été présenté par le premier ministre fédéral, les premiers ministres territoriaux et provinciaux, les économistes et les chefs d’entreprise comme étant l’une des plus importantes possibilités de croissance et de protection de l’économie canadienne. En 2025, c’est au tour des Territoires du Nord-Ouest de présider ce comité.

La semaine dernière, notre ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, Caitlin Cleveland, a convoqué une réunion d’urgence de ce comité, qui a recommandé une réduction drastique des obstacles au commerce intérieur dans les plus brefs délais.

J’ai assisté à bon nombre de ce genre de rencontres, et bien souvent, les moindres détails sont préparés, les résultats sont déjà connus et le véritable travail est effectué en coulisses, en amont de la rencontre. Cette réunion était différente; la ministre Cleveland s’est montrée à la hauteur en contribuant à faire avancer les travaux pour réaliser des progrès significatifs et concrets, non seulement pour les TNO, mais aussi pour le Canada.

Dans l’histoire de notre pays, peu d’occasions se sont présentées où la volonté politique était suffisante pour faire avancer les choses. Cette occasion s’offre aujourd’hui à nous, et nous nous devons de la saisir, étant donné le rôle essentiel des TNO.

Ce n’est qu’un exemple du rôle immense des TNO sur la scène nationale. L’attention portée aux questions de souveraineté, de sécurité et de chaînes d’approvisionnement a placé les TNO au centre de l’avenir stratégique du pays.

J’y reviendrai plus tard.

Bien qu’une possible guerre commerciale occupe tous les esprits, l’année écoulée a été riche en événements à d’autres égards.

Il y a à peine plus d’un an, je me tenais devant mes collègues à l’Assemblée législative et partageais mes aspirations pour les Territoires du Nord-Ouest pour les 50 prochaines années. J’ai évoqué un territoire doté d’une solide économie, portée par nos ressources naturelles abondantes, et parlé de nos écosystèmes sains et florissants, de nos cultures et nos langues dynamiques, et de notre système unique de gouvernance selon lequel les gouvernements autochtones autonomes et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest travaillent de concert pour favoriser la prospérité de notre population.

Au cours de l’année écoulée, tout ce que j’ai vu, entendu et vécu confirme que mes aspirations sont fondées : elles ne sont pas juste possibles, elles représentent notre avenir, et nous sommes en bonne voie pour y parvenir.

Lorsqu’ils ont déterminé ensemble les priorités de la 20e Assemblée, les 19 députés de l’Assemblée législative ont jeté les bases de notre avenir. Malgré leurs différences géographiques, politiques et culturelles, les députés se sont unis pour établir une liste ciblée de priorités pertinentes pour chaque région et collectivité des TNO. En fonction de ces priorités, le Conseil exécutif a mis au point le Mandat du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, une feuille de route stratégique visant à apporter des changements significatifs dans la vie des Ténois. Notre mandat se focalise sur le logement, l’économie, les soins de santé, les effets des traumatismes et la sécurité des résidents. Le GTNO ne peut pas relever ces défis seul, c’est pourquoi son mandat l’engage à collaborer avec les gouvernements autochtones dans l’atteinte de nos objectifs communs.

La collaboration avec les gouvernements autochtones constitue le fondement de mes efforts et de ceux des membres du Conseil exécutif, qui sont entièrement dévoués à cette approche. De véritables partenariats nécessitent des partenaires engagés, et nous ne pouvons avancer qu’en travaillant de concert avec les leaders autochtones et en veillant à ce que leur point de vue soit placé au cœur des processus décisionnels du GTNO.

J’ai été véritablement honoré et touché par l’ouverture dont ont fait preuve les leaders autochtones dans leur travail avec notre gouvernement. Nous ne tenons pas cette ouverture pour acquise et comprenons que les partenariats ne sont pas une simple case à cocher, mais un processus nécessitant des efforts soutenus au fil du temps. La confiance ne se réclame pas, elle se gagne.

Bien sûr, comme dans toute relation, nous ne serons pas toujours d’accord, mais quand cela arrivera, nous travaillerons en toute bonne foi pour régler ces désaccords. Et malgré nos meilleurs efforts, nous ferons des erreurs de temps en temps. Quand cela se produira, il faudra en tirer des leçons et faire mieux.

Au cours de la première année de ce gouvernement, nous avons déjà pu mesurer les résultats de cette approche collaborative, illustrée notamment par les réunions du Conseil des dirigeants des TNO à Ottawa et l’accord « Notre territoire pour l’avenir ». Ces deux initiatives ont été mises en œuvre par plusieurs gouvernements autochtones et ministères du GTNO dont les efforts de collaboration sont sans précédent.

Le Conseil des dirigeants des TNO permet aux membres du Conseil exécutif et aux leaders autochtones du territoire de se réunir et de discuter sur un même pied d’égalité pour régler des problèmes touchant l’ensemble du territoire. En octobre, nous nous sommes réunis à Ottawa et avons invité les ministres fédéraux à se joindre à nous. Malgré nos intérêts et besoins divers, nous avons pu trouver un terrain d’entente sur de nombreux enjeux et former un front uni.

Nos gouvernements ont travaillé de concert pour mettre au point un ordre du jour, établir des objectifs communs et délivrer un message commun. Ces efforts de coordination ont nécessité une communication et une collaboration importantes, ce qu’Ottawa ne s’attend pas du Nord. Habituellement, lorsque les ministres fédéraux acceptent une rencontre, on s’attend à ce que nous nous y rendions; mais face à la taille et à la cohésion de notre délégation, ce sont eux qui sont venus à nous.

Ensemble, nous avons accueilli les ministres fédéraux dans une salle où étaient affichés les drapeaux de chaque gouvernement autochtone participant, et les dirigeants de chaque territoire ont chacun leur tour présidé les réunions et pris la parole. Plusieurs gouvernements autochtones ont tenu des réunions en marge des discussions à la table principale, ce qui leur a permis de mettre l’accent sur leurs priorités individuelles, avec le soutien des ministres de notre Conseil exécutif au besoin.

L’impact de cette démarche a été considérable. Elle a permis d’augmenter la sensibilisation nationale aux TNO et à leurs habitants et a fait l’objet de commentaires positifs non seulement de la part du gouvernement fédéral, mais également des provinces et des autres territoires. C’était surtout l’occasion pour nous, dirigeants du Nord, de mieux nous connaître, de comprendre véritablement nos priorités individuelles et communes, et d’approfondir la relation de confiance et les liens qui nous permettront d’avancer pendant le reste de ce mandat.

La séance d’automne a commencé peu de temps après notre retour d’Ottawa. L’un des points les plus importants à l’ordre du jour de l’Assemblée illustrait la confiance et la collaboration nécessaires pour concrétiser notre ambition d’une gouvernance collaborative.

L’accord « Notre territoire pour l’avenir » est une initiative menée par des Autochtones incluant 23 gouvernements autochtones, le GTNO, le gouvernement fédéral et trois donateurs privés. Au cours des dix prochaines années, 375 millions de dollars seront versés aux TNO en vertu de cet accord pour appuyer les projets de conservation, de gestion des terres, d’intendance et de développement économique portés par des Autochtones.

Pour obtenir ce financement, il a fallu adopter le projet de loi 15, Loi sur la constitution d’un fonds pour les initiatives de conservation dirigées par des Autochtones aux Territoires du Nord-Ouest. Toutefois, en raison des échéances serrées du gouvernement fédéral, nous n’avons pas été en mesure de respecter notre processus législatif habituel, qui prévoit en général du temps pour que les comités permanents examinent les projets de loi, consultent les parties intéressées et rédigent des rapports avant de passer à la prochaine étape. Les délais ont également dû être réduits pour le Conseil exécutif. Cela a été difficile et parfois inconfortable.

Ce fut également une marque de confiance, et la preuve que nous pouvons accomplir bien des choses quand nous travaillons ensemble.

Chaque participant a reconnu le caractère crucial de ce financement, pas seulement pour le GTNO, mais également pour nos partenaires autochtones et pour l’avenir du territoire. Nos collègues simples députés l’ont bien compris aussi. Finalement, chaque député de l’Assemblée législative a voté en faveur du projet de loi. La majeure partie du processus s’est déroulé en une seule journée – du jamais vu dans cette Assemblée –, et le vote final a eu lieu le lendemain.

Bien que je ne recommande pas d’accélérer le processus législatif ni ne souhaite le faire de nouveau, c’était la bonne décision pour appuyer cet accord historique. Je n’oublierai jamais cette journée à l’Assemblée législative aux côtés des leaders autochtones assis dans la tribune, alors que nous avons franchi cette étape ensemble.

Notre approche collaborative est ancrée dans les mêmes principes que nous nous efforçons d’appliquer dans tous les aspects de la gouvernance :

  • Nous devons faire preuve de minutie, de précision et de bon sens dans nos décisions.
  • Nous devons nous adapter aux réalités changeantes, qu’il s’agisse de tournants politiques, de pressions économiques ou de défis climatiques.
  • Nous devons être entreprenants quand la situation le justifie.

Cette approche stratégique ciblée est également à la base de nos échanges avec le gouvernement fédéral. On a souvent reproché au GTNO par le passé de demander trop d’un coup à Ottawa, sans priorités ni arguments clairs. L’approche de ce gouvernement est différente. Elle est rigoureuse et ciblée.

Nous avons par ailleurs adopté une approche pragmatique envers notre situation financière. Notre stratégie budgétaire prévoit d’ajuster les dépenses aux revenus tout en visant à réduire la dette. Si nous n’avons pas encore atteint notre objectif, nous avons tout de même réussi à maintenir une certaine discipline budgétaire, et les réductions mises en œuvre nous ont laissé dans une situation financière plus solide.

Si nous n’avions pas pris ces mesures, nous ne parlerions pas de notre situation financière, mais bien d’une crise budgétaire.

Les questions financières sont la principale préoccupation d’une grande partie de la population, tant à l’échelle du Canada qu’aux TNO. L’économie reste une priorité pour l’Assemblée législative et pour le GTNO, et nous continuerons de lancer des initiatives visant à consolider la croissance économique et à attirer les investissements.

Pour atteindre nos objectifs, nous devons accroître la visibilité des TNO et sensibiliser le public, les entreprises et l’industrie à ce que nous pouvons apporter au Canada. En tant que premier ministre, je me suis efforcé de faire davantage entendre les TNO sur la scène nationale et internationale. J’ai fait en sorte de placer les enjeux et les perspectives du Nord au premier plan des conversations nationales au moyen d’articles dans des publications nationales, d’apparitions dans des programmes télévisuels et des balados comme Power & Politics et WONK, ainsi qu’en échangeant directement avec les Canadiens sur des plateformes comme Instagram.

Il ne s’agit pas seulement de visibilité, mais de promotion. Nous devons faire en sorte que les décideurs au niveau fédéral, les chefs d’entreprise et la population canadienne considèrent les TNO comme un acteur majeur dans l’avenir du Canada. En continuant à parler du Nord, nous ouvrons la voie aux partenariats et aux investissements à long terme au profit de tous les résidents du Nord, et de l’ensemble des Canadiens.

Les événements extérieurs ont également attiré les regards sur nous. L’année passée, les inquiétudes grandissantes quant à la souveraineté et à la sécurité ont attiré l’attention sur le Nord, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Le gouvernement du Canada a réagi en publiant une nouvelle politique étrangère et une nouvelle politique de défense axées sur le Nord, et a consacré un investissement de centaines de millions de dollars pour mener à bien ces politiques. Les projets incluent notamment la prolongation de la piste et l’agrandissement des infrastructures aéroportuaires de l’aéroport d’Inuvik ainsi que de nouveaux locaux pour les rangers à Yellowknife.

Nous continuons de promouvoir ces investissements, mais également d’encourager une plus grande collaboration entre le Canada, le GTNO et les gouvernements autochtones pour veiller à maximiser les avantages pour les collectivités du Nord. Par ailleurs, nous continuer de rappeler à Ottawa que c’est la population du Nord qui affirme concrètement la souveraineté du Canada dans la région.

En outre, les récentes restrictions qu’a connues la chaîne d’approvisionnement mondiale prouvent que le Canada et ses alliés doivent garantir l’accès aux minéraux critiques, éléments essentiels de notre monde moderne. Ces matières premières sont indispensables aux technologies vertes, aux progrès médicaux, aux systèmes de défense et à l’informatique de pointe.

Les Territoires du Nord-Ouest sont riches en minéraux critiques et peuvent faire office de premier maillon d’une chaîne d’approvisionnement sûre et fiable alimentant l’innovation, la création d’emplois et la stabilité économique au Canada. Étant donné l’incertitude qui hante l’avenir du commerce international, il est plus important que jamais de créer des chaînes d’approvisionnement nationales et de renforcer la capacité industrielle du Canada. Notre avenir économique – et celui des prochaines générations – dépend d’une économie du Nord résiliente et autonome, moins vulnérable à l’instabilité mondiale et à l’évolution des politiques étrangères.

Bien entendu, l’exploitation des ressources doit se faire en collaboration avec les peuples autochtones dont les terres sont concernées. Les Territoires du Nord-Ouest disposent d’un système réglementaire solide qui favorise le développement tout en garantissant la protection des zones importantes et sacrées, sur la base des connaissances autochtones.

Les peuples autochtones doivent avoir à la fois les moyens et la possibilité de s’engager de manière significative dans les projets d’exploitation des ressources au sein du secteur. C’est pourquoi nous travaillons avec les gouvernements autochtones pour renforcer leur capacité à participer pleinement à ces processus. Parallèlement, nous adoptons une approche pangouvernementale du développement des ressources, en renforçant la collaboration entre les ministères responsables de la promotion et de la réglementation, et en affinant et en rationalisant nos systèmes et nos politiques sur une base continue.

Nous avons tous un rôle à jouer dans la santé économique et environnementale des Territoires du Nord-Ouest.

Les effets du changement climatique continuent d’entraîner des situations d’urgence dans l’ensemble des TNO. J’ai déjà parlé de mon expérience personnelle en tant que résident de Hay River, ayant été évacué trois fois en deux ans en raison d’inondations et de feux de forêt. C’est en partie à cause de ces expériences que j’ai décidé de me présenter au poste de premier ministre.

Chaque résident et chaque collectivité doivent être préparés aux situations d’urgence et connaître leur rôle et leurs responsabilités en cas d’évacuation ou en cas de crise.

Cet été, j’ai eu l’occasion de visiter Norman Wells et Fort Good Hope alors que ces collectivités étaient en pleine évacuation en raison d’un feu de forêt. À Norman Wells, nous avons rencontré des personnes évacuées et nous avons pu constater de nos propres yeux à quel point elles se sentaient épaulées et bien accueillies. J’ai également rencontré les dirigeants locaux et les représentants de la chambre de commerce pour discuter de l’effet croissant des perturbations du transport par barges et de la pression supplémentaire causée par les activités de lutte contre les feux de forêt.

Depuis lors, ces conversations résonnent en moi. Elles façonnent le travail que nous avons entrepris avec le député McNeely, les dirigeants du Sahtu, le Conseil exécutif et nos partenaires fédéraux au cours des derniers mois. À ce jour, ces efforts ont débouché sur près de 2 millions de dollars d’investissements supplémentaires pour assurer un accès continu aux biens essentiels, contribuant par ailleurs à réduire les coûts du carburant et du chauffage pour les résidents de Norman Wells.

Au-delà de ces interventions immédiates, nous œuvrons à la mission partagée d’accélérer la construction de la route de la vallée du Mackenzie. Ce projet fait l’objet de discussions depuis des décennies, mais la sécheresse qui a régné dans la région cette année ainsi que les niveaux d’eau extrêmement bas du fleuve Mackenzie nous ont fait prendre conscience de son importance au niveau national.

Pour le peuple et les collectivités du Sahtu, la route de la vallée du Mackenzie n’est pas qu’un simple projet d’infrastructure – c’est un lien vital. Il s’agit également d’une initiative de construction nationale, qui servira les intérêts du Canada en matière de sécurité et de défense nationales, et qui renforcera notre souveraineté en formant un lien accru entre les collectivités et en favorisant le développement économique.

J’ai également pu me rendre à Fort Good Hope, où j’ai rencontré des membres de la collectivité et du personnel responsable de la lutte contre les feux de forêt et des interventions d’urgence. J’ai été frappé par l’initiative prise par la collectivité de mener sa propre intervention, consistant notamment à offrir la formation de pompier aux gardiens locaux plus tôt dans l’année – une formation qui, je crois, a joué un rôle clé dans le sauvetage de la collectivité. En tant que gouvernement, nous avons tiré les leçons de cette expérience, et nous les appliquerons afin de renforcer notre approche des activités d’intervention et de collaboration en cas d’urgence.

Malheureusement, cette situation d’urgence s’est accompagnée de tragiques pertes de vies humaines.

En début d’année, un accident d’avion à Fort Smith a fait plusieurs victimes, et, au cours de l’année, nous avons perdu de nombreux membres bien-aimés de nos collectivités. Qu’il s’agisse d’un accident, d’une maladie ou du simple temps qui passe, chaque perte laisse une trace indélébile.

La perte d’êtres chers, les situations d’urgence et les périodes d’incertitude sont autant de facteurs qui pèsent sur notre santé et notre bien-être. C’est pourquoi l’accès aux soins de santé et la lutte contre les effets des traumatismes comptent parmi les des priorités de l’Assemblée.

Comme tous les systèmes de santé, le nôtre est soumis à d’énormes pressions : en faire davantage avec moins de ressources, réaliser des gains d’efficacité, et s’adapter aux défis du manque de main-d’œuvre, tout en répondant à la demande croissante de services.

Nous avons pris des mesures audacieuses pour faire face à ces pressions sur deux fronts. Tout d’abord, nous avons créé le Service de la viabilité du système de santé, chargé de dénicher les possibilités de gains d’efficacité financière. Deuxièmement, nous avons nommé un nouvel administrateur public chargé d’apporter des améliorations opérationnelles et de renforcer la responsabilisation.

Ces ressources parallèles garantissent un leadership ciblé alors que nous redoublons d’efforts pour soutenir notre système de santé et les professionnels dévoués qu’il emploie.

Nous avons également renforcé la collaboration avec les gouvernements autochtones dans le domaine de la santé, et nous continuons à travailler en partenariat pour pousser le gouvernement fédéral à améliorer l’administration des services de santé non assurés pour les populations autochtones des TNO.

En tant que ministre de la Justice et député, le problème principal dont j’entends parler est la présence croissante de drogues illégales et l’effet dévastateur de celles‑ci sur les individus, les familles et les collectivités partout aux Territoires du Nord-Ouest. Depuis la pandémie, la criminalité liée à la drogue a augmenté de manière inquiétante, plongeant les collectivités de toutes tailles dans le malheur des décès et de la destruction causés par l’afflux de drogues. Ces drogues sont acheminées par des groupes criminels organisés du Sud du Canada, souvent avec la participation involontaire des résidents des TNO.

Nous prenons cette crise très au sérieux et mettons en place les mesures nécessaires. Au cours des quatre dernières années, le GTNO a répondu aux appels urgents des collectivités en faveur d’une application plus stricte de la loi en finançant des dizaines de nouveaux postes de la GRC. En 2024, nous avons intensifié cet effort en finançant une nouvelle unité territoriale de réduction de la criminalité composée de sept personnes, chargée spécifiquement de cibler les drogues illégales et le crime organisé.

Les agents de la GRC en poste dans les collectivités sont déjà très occupés par les tâches policières quotidiennes. Ils n’ont pas toujours le temps ou les ressources nécessaires pour mener des enquêtes approfondies. L’unité de réduction de la criminalité aide à combler cette lacune, en fournissant une capacité d’application de la loi spécialisée chargée d’entraver le flux de drogues dans nos collectivités.

En plus de créer cette nouvelle unité, nous avons collaboré avec la GRC pour mettre en place la première équipe d’intervention d’urgence à temps plein aux TNO. Cette unité spécialisée de neuf agents a été formée pour répondre aux incidents critiques, garantissant ainsi que les forces de l’ordre disposent des ressources nécessaires pour gérer les situations à haut risque. Ces investissements s’appuient sur la stratégie antidrogue de division de la GRC, qui a été mise en œuvre l’année dernière et qui a déjà réussi à perturber les réseaux de trafic de drogue sévissant dans le Nord.

Cependant, l’application de la loi ne suffit pas. C’est pourquoi notre gouvernement présente trois nouveaux textes législatifs qui doteront la GRC et les collectivités d’outils plus puissants pour lutter contre la criminalité. La première est la Loi visant à accroître la sécurité des collectivités et des quartiers, qui permettra aux autorités de fermer les propriétés qui nuisent activement aux collectivités, notamment les habitations utilisées pour le trafic de drogue. La seconde est une nouvelle loi sur les actes d’intrusion, qui fournira une autorité juridique claire permettant d’expulser des individus des propriétés où ils ne sont pas autorisés à séjourner et où ils se livrent à des activités criminelles. Ce problème s’est posé notamment dans certains immeubles d’habitation, où le trafic de drogue a mis les résidents en danger.

La troisième et dernière mesure est la loi sur la confiscation civile, qui contribuera à garantir que ceux qui tentent de tirer profit du trafic de drogue ne puissent pas conserver le produit de leurs crimes. Actuellement, si une personne est arrêtée en possession de drogues destinées au trafic et d’importantes sommes d’argent, les drogues et l’argent sont saisis. Toutefois, si cette personne n’est pas condamnée, l’argent lui est restitué. En vertu de cette nouvelle loi, la GRC pourra demander aux tribunaux de saisir de manière permanente les espèces et les biens liés à des activités illégales. Si les forces de l’ordre peuvent démontrer, sur la base de la prépondérance des probabilités, que l’argent provient d’activités criminelles, il ne sera pas restitué. Cette loi permettra également de saisir des véhicules et d’autres biens utilisés pour le trafic de drogue et le crime organisé.

Ces mesures fortes et ciblées sont indispensables pour interrompre l’afflux de stupéfiants, soutenir nos collectivités et veiller à ce que les individus tirant profit des activités criminelles assument la responsabilité de leurs actes. Nous continuerons à adopter une approche ferme et globale pour faire face à cette crise, car la sécurité et le bien-être des résidents du Nord doivent toujours passer en premier.

Cette approche est nécessaire, mais nous ne pouvons pas nous sortir d’une crise de la drogue par la seule force de la loi. Tant qu’il y aura une demande de drogues, il y aura une offre. Je sais que de nombreux résidents – y compris nos amis et les membres de notre famille – luttent contre la dépendance. J’encourage tous ceux qui ont besoin d’aide à en demander, mais je reconnais aussi que c’est plus facile à dire qu’à faire.

Par ailleurs, toutes les personnes qui consomment des drogues illicites ne sont pas forcément dépendantes. Si vous consommez des drogues à des fins récréatives, comprenez qu’en soutenant la demande, vous contribuez directement à la crise des stupéfiants et à la douleur et à la souffrance infligées à d’autres Ténois. Ce n’est pas le problème à d’autres personnes, c’est notre problème à tous. Et nous avons tous un rôle à jouer pour le résoudre.

Le logement est un autre défi que nous relevons ensemble. De plus en plus, le gouvernement fédéral investit directement aux côtés des gouvernements autochtones et des administrations communautaires pour élargir l’offre de logements et favoriser la disponibilité de ces derniers. Si cet effort est apprécié, le GTNO continue de jouer un rôle essentiel dans la fourniture et l’entretien des logements sociaux et supervisés. Il s’agit notamment de logements de transition, de logements d’aide à la vie autonome, de logements pour les personnes âgées et de logements sociaux.

Le Forum sur le logement des TNO, qui réunit des représentants des gouvernements autochtones et d’Habitation TNO, a récemment organisé son premier symposium, rassemblant tous les niveaux de gouvernement, les ONG et les partenaires du secteur pour échanger des informations et collaborer à des solutions de logement sur l’ensemble du territoire. Le logement a également été au cœur des réunions du Conseil des dirigeants à Ottawa, renforçant ainsi notre engagement commun à aborder cet enjeu.

Grâce à des investissements ciblés et à des partenariats stratégiques, nous réalisons des progrès significatifs dans la lutte contre la crise du logement. À ce jour, 49 logements ont été achevés au cours de la 20e Assemblée, et 92 autres sont en cours de construction. Il s’agit là de progrès concrets qui feront une réelle différence dans la vie des résidents du Nord.

Avant de conclure, je tiens à prendre un moment pour rendre hommage aux ministres qui composent votre Conseil exécutif. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année a été riche en événements, et j’aurais bien des choses à dire. Mais j’aimerais terminer en vous présentant le Conseil exécutif et en vous dressant un portrait rapide des personnes qui ont assumé cette responsabilité.

Lorsqu’on devient député, la courbe d’apprentissage est raide, et elle devient encore plus raide lorsqu’on accepte un poste ministériel. C’est pourquoi j’ai toujours été impressionné par les nouveaux députés qui y accèdent. Au sein de ce gouvernement, c’est le cas de trois ministres : les ministres Kuptana, McKay et Macdonald. Bien qu’ils soient mes aînés, ils débutaient à la table du Conseil exécutif. Mais tous y apportent une expérience de toute une vie qui se révèle inestimable dans leur rôle attitré, mais aussi au sein du Conseil exécutif dans son ensemble.

La ministre Kuptana s’est vu confier le portefeuille du logement – un dossier au rythme effréné, très médiatisé et aux attentes élevées – et elle a su prouver qu’elle était prête à relever le défi. Au Conseil exécutif, elle n’hésite pas à faire retentir sa voix en faveur des petites collectivités. Bien sûr, nous soutenons tous les petites collectivités, mais nous n’avons pas la science infuse, et ses précieuses idées améliorent grandement notre processus de prise de décisions. Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, et on peut toujours compter sur elle pour demander des comptes à ses collègues. Lucy est également dotée d’un grand sens moral. Que je prenne la parole au Conseil exécutif, à l’Assemblée ou ici aujourd’hui, je me fie souvent à sa réaction pour savoir si je suis sur la bonne voie.

Le ministre McKay a assumé le rôle de ministre du MAMC à un moment où le ministère était submergé par les efforts de planification et de rétablissement. Ses connaissances pratiques de première ligne et sa perspective centrée sur les résidents ont été cruciales, à la fois pour faire avancer ce dossier et pour répondre aux situations d’urgence auxquelles nous avons été confrontés depuis. Si vous connaissez Vince, vous savez qu’il n’a pas peur de dire ce qu’il pense et de prendre position, même dans les cas où son avis est impopulaire. Ce type de leadership est nécessaire au sein du Conseil exécutif. Il le démontre chaque jour en prenant en charge des initiatives importantes, difficiles et souvent controversées, notamment les mises à jour de la formule de financement des collectivités, la Politique sur l’aide en cas de sinistre et les jeux d’argent en ligne.

Le ministre Macdonald apporte également une expérience de première ligne à son rôle de ministre du MECC, et je me tourne souvent vers lui quand j’ai besoin de conseils. Son approche posée et pondérée permet de centrer et de structurer les discussions du Conseil exécutif, et le sérieux et le dévouement avec lesquels il aborde son travail – notamment en ce qui concerne les feux de forêt – me réconfortent en tant que résident.

Nous avons également deux ministres qui étaient auparavant de simples députées : la ministre Cleveland et la ministre Semmler. Leur expérience de l’autre côté de la Chambre leur a donné une perspective unique qui renforce la capacité du Conseil exécutif à travailler avec les simples députés, et toutes deux ont pris en charge des portefeuilles importants.

En tant que ministre de la Santé, Mme Semmler a demandé à prendre en charge le dossier de la santé, ce qui est rare. Depuis, elle a plus d’une fois proposé en plaisantant de s’en défaire, mais en réalité, elle gère ce portefeuille intimidant avec une détermination remarquable. Elle est entrée en fonction forte de connaissances solides acquises en première ligne et en tant que simple députée, mais la santé est un dossier qui devient de plus en plus complexe à mesure qu’on l’approfondit. Il est impressionnant de la voir relever des défis d’apparence insurmontables et prendre des décisions audacieuses. Je dois dire que tous les ministres se soutiennent mutuellement, mais lorsque vous êtes la ministre responsable de la majeure partie des dépenses publiques, le Conseil exécutif peut être un endroit impitoyable. Son leadership n’en est que plus impressionnant.

La ministre Cleveland s’est également imposée au cours de l’année écoulée, en prenant en charge à la fois le MITI et le MECF, deux portefeuilles considérables qui, dans de nombreuses autres juridictions, seraient répartis parmi une demi‑douzaine de ministres. Son expérience en tant que simple députée l’a bien préparée, et elle s’est mise au travail sur-le-champ. Avec un an à son actif, elle a aujourd’hui l’étoffe d’un vrai vétéran. Et, comme tout député de Kam Lake qui se respecte, elle se concentre sur l’économie et veille à ce que le Conseil exécutif tienne compte de l’aspect économique dans toutes les décisions qu’il prend.

Enfin, je dois saluer la première ministre adjointe, ministre des Finances et ministre de l’Infrastructure, qui détient, je crois, le portefeuille et la charge de travail les plus colossaux jamais confiés à un ministre du GTNO. En tant que ministre des Finances, elle a dirigé le territoire à travers la pandémie, la taxe sur le carbone, les inondations, les feux de forêt, l’inflation, la sécheresse et maintenant la menace imminente des tarifs douaniers. Elle a également mis en œuvre des initiatives majeures et transformatrices, notamment en accélérant considérablement le projet de route de la vallée du Mackenzie, en mettant à jour le Programme de promotion sociale vieux de plusieurs décennies et en dirigeant la transition de notre système énergétique. Et en plus de porter cette charge de travail phénoménale, elle répond aux appels concernant chaque tronçon de route à déneiger, chaque nid-de-poule gênant les routes d’accès et chaque problème de chauffage ou d’égouts dans les écoles.

Mais au-delà de tout cela, je pense que sa plus grande contribution au Conseil exécutif et au gouvernement réside dans sa capacité à travailler avec les simples députés, à trouver un terrain d’entente et à faire avancer les politiques et les budgets année après année. C’est ce type de leadership qui favorise le progrès.

Si je dis tout cela, c’est pour que les gens comprennent le dévouement de ce Conseil exécutif. Il n’a pas son pareil – et je ne parle pas seulement d’ici et de maintenant – il n’en a jamais existé nulle part. Il s’agit d’un groupe de personnes qui prennent leurs responsabilités très au sérieux, qui se soucient profondément du Nord et qui travaillent ensemble avec détermination, même si nous ne sommes pas toujours d’accord.

Et bien sûr, nous ne sommes pas toujours d’accord. Ce n’est pas ainsi que fonctionne le leadership. Nous sommes confrontés à des questions complexes, à des décisions difficiles et à des situations sans réponses évidentes. Nous apportons des perspectives différentes, des expériences vécues différentes et parfois des opinions différentes. Mais nous les exprimons. Nous sommes à l’écoute. Nous nous mettons au défi les uns les autres. Et nous apprenons les uns des autres. Ainsi, nos décisions sont toujours meilleures.

Plus important encore, nos décisions sont toujours fondées sur les intérêts de la population des Territoires du Nord-Ouest. C’est ce qui nous unit. C’est ce qui nous motive jour après jour.

Alors que nous entamons notre deuxième année de mandat, notre année de novices est derrière nous. L’expérience que nous avons acquise, à la fois en tant que ministres individuels et en tant qu’équipe, nous permettra de redoubler d’efficacité au cours de l’année à venir.

Il y aura des défis à relever. Il y en a toujours. Mais il y aura aussi des occasions à saisir. Et si l’année écoulée a prouvé quelque chose, c’est que lorsque les Territoires du Nord-Ouest s’engagent, les choses bougent. Nous sommes des meneurs.

Mais le leadership n’est pas seulement l’affaire du gouvernement, il concerne chacun d’entre nous. Les gens qui vivent ici en font preuve. Les familles, les travailleurs, les chefs d’entreprise, les aînés et les jeunes qui font avancer notre territoire chaque jour. Il transparaît lorsque les collectivités font front commun en temps de crise, et il est palpable dans les partenariats que nous établissons et la résilience qui nous définit en tant que résidents du Nord.

Le travail qui nous attend ne sera pas toujours facile. Il ne l’est jamais. Mais dans le Nord, nous n’hésitons pas à travailler d’arrache-pied. Nous nous battons. Nous nous adaptons. Nous persévérons. Et ce, tous ensemble.

Je suis fier de ce que nous avons accompli jusqu’à présent. Et je sais qu’en continuant à travailler côte à côte – les uns avec les autres, avec les gouvernements autochtones, avec nos collègues députés qui sont essentiels au succès d’un gouvernement de consensus, et avec les collectivités et tous les Ténois – nous continuerons à construire des Territoires du Nord-Ouest plus forts et plus prospères. Pas seulement aujourd’hui, mais pour les générations à venir.

Je me réjouis de poursuivre ce travail avec vous tous.

Merci.