La ministre Wawzonek a livré le discours suivant lors des Journées de l’industrie à Yellowknife.
Une occasion à saisir
Changer le cours de l’histoire
Bâtir le Canada
Bâtir un avenir positif et prospère aux TNO
Tout d’abord, voici comment cet événement a vu le jour.
L’ISECA n’a été créée que le 1er avril 2025, avant les élections fédérales du 28 avril.
Nous devons prendre les devants en nous concentrant sur des projets stratégiques.
Le gouvernement fédéral actuel, dirigé par le premier ministre Carney, a immédiatement mis l’accent sur le Nord; le premier ministre a axé sa campagne sur le fait qu’il fallait faire de notre pays une véritable nation nordique et nous relier de manière sérieuse d’un océan à l’autre et à l’autre.
La Loi visant à bâtir le Canada, qui met l’accent sur les projets jugés d’intérêt national, et création du Bureau des grands projets.
Cet automne-là, l’équipe de l’ISECA et moi-même étions à Toronto pour une conférence sur les infrastructures, en compagnie de plusieurs dirigeants autochtones des TNO.
…
Pourquoi devrions-nous toujours aller dans le Sud? Les gens du Sud ne pourraient-ils pas aussi venir chez nous.
Donnons-leur l’occasion de découvrir les TNO.
N’oublions pas également que c’est lors de ce voyage, à la fin de l’automne, que l’équipe s’est arrêtée à Calgary pour rencontrer les membres du Bureau des grands projets nouvellement créé.
Depuis ce moment, en 10 mois, des progrès équivalents à plus de 10 ans ont été accomplis – les trois projets ont été soumis au Bureau des grands projets; nous avons rencontré les vice-présidents.
RVM : ce projet de route est à mi-parcours entre trois traversiers et une seule et même route; ajustement aux 100 premiers kilomètres; le groupe de travail sur l’état de préparation des collectivités est prêt à démarrer; le projet est en bonne voie de devenir l’un des premiers projets d’intérêt national officiellement répertoriés.
CESA : le GT et la PNDY se sont manifestés et ont demandé à prendre en charge l’établissement d’un corridor permettant de se rendre au projet de la baie Grays; un effort considérable est déployé pour définir conjointement un projet de corridor qui concilie la protection de l’habitat du caribou et l’accès à des régions riches en ressources minérales.
Taltson : travaux d’hydrologie intensifs pour la ligne, confirmation des points d’entrée, définition du tracé de la ligne, tout en jetant les bases de relations commerciales entre les administrations concernées.
Changer le cours de l’histoire
CESA
Le milieu des années 1960 marque le lancement d’un projet de route partant de Yellowknife, le premier tronçon d’une « route vers les ressources », dont l’objectif initial était de faire le tour du Grand lac des Esclaves.
Ottawa a abandonné le projet après 70 km. Il s’est alors arrêté au lac Tibbit.
Cartes et propositions présentant une trentaine de tracés
RTSL : réunions avec les gouvernements autochtones; la position était que le tracé retenu par le GTNO ne permettait pas d’apaiser de manière raisonnable les préoccupations concernant les terres et les caribous.
Route de la vallée du Mackenzie
L’idée d’une route praticable en toutes saisons traversant la vallée du Mackenzie pour rejoindre la côte de l’océan Arctique remonte au moins à la fin des années 1950. À l’origine, ce projet s’inscrivait dans le cadre du programme « Roads to Resources » (Des routes menant aux ressources) du gouvernement fédéral de l’époque.
- 1972 : les travaux de construction vers le nord ont débuté à partir de Fort Simpson.
- 1977 : les travaux ont été interrompus à environ 18 km au sud de Wrigley, la même année que le rapport de la Commission Berger était publié.
- 1994 : le tronçon restant de 18 kilomètres a été achevé jusqu’à Wrigley – la collectivité a été déplacée de l’autre côté du fleuve afin de faciliter les échanges commerciaux avec l’extérieur, mais les promesses faites en contrepartie, notamment en matière de logement, n’ont pas été tenues.
Taltson :
- Construction du barrage : Les travaux de construction du barrage Twin Gorges ont débuté en 1964, et la centrale a commencé à produire de l’électricité en 1965.
- Le barrage a eu des répercussions sur le réseau hydrographique de la rivière Taltson, en particulier autour du lac Nonacho, affectant les lieux de navigation et les circuits de chasse. La collectivité de Rocher River a été inondée et abandonnée. Les membres de cette collectivité ont été déplacés vers Lutselk’e et Fort Resolution; ils décrivent la souffrance qu’ils ont eux-mêmes éprouvée ainsi que celle de leurs parents, qui ne peuvent plus se rendre sur les tombes de leurs proches – parents et grands-parents – puisqu’elles ont été submergées.
Changer le cours de l’histoire
Il est aussi important de mentionner que les grands projets ne peuvent pas être conçus derrière un bureau, loin des répercussions qu’ils auront sur le territoire ou sur les populations.
On ne peut les imposer aux populations qui vivent sur les terres où ces projets seront réalisés.
Il ne faut pas se contenter de dire que l’on fait quelque chose pour le Nord.
La population doit se reconnaître dans l’avenir que nous bâtissons. Les résidents et les résidentes des TNO doivent pouvoir participer, se construire une carrière, créer des entreprises et contribuer à la vie des collectivités où ils vivent. D’où l’importance des retombées économiques des investissements dans les infrastructures et de la capacité de réaliser ces investissements.
Il faut que les grandes visions liées au développement du pays puissent se concrétiser.
Changeons le cours de l’histoire, accomplissons de grandes choses avec les gens qui vivent ici.
Bâtir le Canada
Hier, le premier ministre a de nouveau pris la parole dans le cadre de sa série de discours intitulés « La ligne de conduite » diffusés par vidéoconférence alors que des mesures de rétorsion tarifaire entraient en vigueur.
Après la Confédération de 1867, une infrastructure ferroviaire a été construite. Près de 5 000 km de voies ferrées, d’est en ouest : le Chemin de fer Canadien Pacifique a relié notre pays et confirmé notre présence.
Le programme Un Canada fort n’a pas pour seul objectif de nous aider à passer à travers cette crise, il vise également à nous permettre d’en sortir plus forts, plus résilients et plus indépendants. [Traduction]
Par ailleurs, toujours en 1867, le premier pensionnat autochtone du Canada ouvrait ses portes dans la région de Fort Resolution. Au fil du temps, les TNO ont fini par compter la plus forte proportion d’élèves placés dans des pensionnats pour autochtones au pays.[42]
Alors que le sud du Canada se dotait d’une infrastructure ferroviaire, le Nord se voyait imposer les pensionnats pour autochtones, et ceux-ci ont été parmi les derniers à fermer leurs portes au pays. Nous avons un besoin impérieux de changer le cours de l’histoire. Les gens du Sud s’interrogent parfois sur notre système politique, sur ses différences et son caractère plus diffus ainsi que sur les efforts que nous déployons pour donner la priorité à la réconciliation. Or, lorsque les Ténois parlent de bâtir le Canada, ils le font avant tout au regard de leur histoire.
Lien direct entre la nécessité de changer le cours de l’histoire et le besoin urgent, aujourd’hui, de bâtir un Canada fort.
Revenons au projet de bâtir le Canada en 2026.
M. Carney poursuit :
La construction du pays à laquelle les Canadiens se sont livrés aux XIXe et XXe siècles s’est déroulée selon un axe horizontal. Le chemin de fer et la route transcanadienne nous ont reliés de l’Atlantique au Pacifique.
Aujourd’hui, nous nous développons à partir de cet axe, vers le nord et vers le sud. De nouvelles infrastructures. [Traduction]
Il y a quelques semaines, lorsque le Canada a dû se retirer des négociations commerciales avec les États-Unis, tous les premiers ministres provinciaux puis tous les ministres des Finances ont été convoqués sans délai pour prendre connaissance des détails de ce qui s’était passé et pour discuter de la réaction à adopter.
Le président du CDF et, parallèlement, le président de la RPM
Responsabilité; Obligation
Nous n’avons pas grand-chose à proposer en matière d’échanges commerciaux avec les États-Unis.
Nous avons l’occasion de bâtir ce pays.
D’investir dans d’importants projets de construction nationaux.
Et ce faisant, d’ouvrir la voie à de nouveaux investissements dans les ressources minérales et énergétiques, notamment l’or, le lithium, le plomb, le zinc, le cuivre, le tungstène, le bismuth, le GNL.
Il y a aussi le volet géopolitique.
Plus de 70 % du littoral canadien se trouve dans l’Arctique.
Pas de grands ports en eaux profondes.
Une seule route.
Réfléchissez à ceci : le Canada possède le plus long littoral au monde.
Pour en revenir à ce que j’ai dit précédemment et à notre rôle alors que notre pays se repositionne en tant que nation capable de réaliser de grands projets, une nation qui construit des infrastructures d’un océan à l’autre et à l’autre, j’affirme avec conviction que le Nord dans son ensemble devrait être au centre de l’attention nationale.
Il ne manque rien en matière de géologie, de ressources ou de possibilités (tourisme, de la pêche à la fourrure, histoire, culture); ce qui manque, ce sont des infrastructures publiques essentielles.
Nous ne pouvons pas demander aux quelque 40 000 habitants des TNO, y compris les aînés et les enfants, d’assumer ces coûts.
C’est le temps de bâtir le Canada.
Dernier point : Bâtir un avenir positif et prospère aux TNO
Aujourd’hui, nous nous penchons sur ce qui nous attend : les détails concernant les grands projets aux TNO, notamment les investissements dans la défense et les infrastructures.
Demain, nous verrons comment, aux TNO, nous pouvons nous préparer et participer en développant notre main-d’œuvre, en renforçant les partenariats avec les peuples autochtones, en préparant les entreprises à la passation de marchés, en répondant aux pressions liées au logement, aux services et aux collectivités, et en veillant à ce que les entreprises des TNO soient concurrentielles et capables de mener à bien ces travaux.
Ce que vous entendez réellement : je pense qu’il y a une distinction importante à faire – nous construisons les réseaux d’infrastructures qui façonneront les TNO de demain, ce qui nous oblige à voir au-delà des projets pris individuellement et à réfléchir à la manière dont nos réseaux, ainsi que la mise en œuvre et la planification de nos infrastructures, à toutes les échelles et de toutes tailles, s’articulent entre eux.
Chaque grand projet aura un impact sur les TNO; cela se traduira, en termes simplifiés, par une hausse du PIB et des recettes, un marché du travail dynamique pendant la phase de construction et une amélioration de la connectivité.
Lancement de multiples projets : les effets sur le marché du travail s’étendent dans le temps – il est encore temps de commencer la formation dès aujourd’hui, pour que les apprentis d’un projet puissent travailler sur le suivant.
Nous avons besoin de projets à petite échelle pour compléter les grands : logement, services municipaux.
Que devons-nous faire dès maintenant pour tirer le meilleur parti de ce moment historique?
Quand je dis « nous », je ne parle pas uniquement du GTNO.
Le GTNO demeure une petite administration. Notre budget annuel ne représente qu’une goutte d’eau à l’échelle nationale.
La population des TNO ne suffirait pas à remplir le stade Rogers de Toronto.
Mais nous disposons de systèmes de gouvernance qui suscitent l’intérêt d’autres administrations et dont nous sommes fiers :
-
- un gouvernement fondé sur le consensus; un système électoral non partisan;
- la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA);
- la décentralisation qui a conduit à un système de cogestion des terres et des ressources naturelles;
- la signature en 2020 d’un accord visant à instaurer un Conseil des dirigeants pour siéger en tant qu’instance intergouvernementale.
Nous sommes encore en train de mettre certaines choses au point.
Nous devons tirer parti de nos systèmes uniques.
En ce qui concerne le marché du travail, il y a assez de travail pendant les phases de construction de ces projets pour toute personne prête, disposée et capable.
Définition de la main-d’œuvre.
Mais nous devons viser plus haut.
Nous devons nous efforcer de ramener des personnes sur le marché du travail ou de les y faire entrer.
Nous devons veiller à ce que les nouveaux diplômés soient prêts à intégrer le marché du travail, non seulement pour des emplois pendant les phases de construction, mais aussi pour les possibilités qui s’offriront à eux par la suite.
Commençons dès aujourd’hui pour que cette personne devienne chef d’équipe, puis gestionnaire de projet.
Nous avons besoin d’entreprises et d’industries partageant les mêmes principes et priorités, car nous ne pouvons pas mener à bien ce travail seuls.
Nous devons avoir une vision qui ne se limite pas à la construction de projets, mais qui comprend également l’avenir.
En termes de préparation de la main-d’œuvre, les investissements dans les infrastructures ne créent des possibilités que si les entreprises ténoises sont en mesure d’y participer.
Les projets font appel à des entrepreneurs, à des ingénieurs, à des artisans, à des fournisseurs de services professionnels, à des services de restauration et à d’innombrables autres entreprises. Or, nous voulons que cette capacité soit, autant que possible, présente ici, aux TNO.
Mais cette capacité ne se crée pas automatiquement. Elle doit être le fruit d’une préparation, d’une analyse et de programmes concrets sur le terrain. Les entreprises ne peuvent pas attendre qu’un appel d’offres soit publié pour commencer à se demander si elles disposent de tous les éléments nécessaires – du personnel aux partenariats – pour être concurrentielles.
Des occasions devraient se présenter à court terme, plusieurs petits projets ayant déjà démarré, ainsi que dans les deux, trois ou cinq prochaines années.
Les entreprises ténoises devront peut-être collaborer de manière novatrice afin de saisir des possibilités qu’il serait difficile pour une seule entreprise de saisir à elle seule.
Pour les entreprises autochtones et les gouvernements autochtones, il existe également d’importantes possibilités pour faire en sorte que le développement sur les territoires traditionnels génère des avantages appréciables et durables.
Pour cela, nous devons établir des partenariats solides, faire le point sur les capacités disponibles et sur celles qui doivent être développées ainsi qu’engager des discussions dès le début, comme celles que nous aurons ensemble au cours de ces deux journées.
Notre objectif pour ces deux journées est de dresser un aperçu des projets susceptibles d’être mis en œuvre prochainement et de donner aux entreprises l’occasion d’entendre directement les promoteurs parler de l’état d’avancement de leurs projets.
Nous souhaitons fournir des informations sur les possibilités de marchés publics et créer un espace permettant aux dirigeants des entreprises ténoises et autochtones de poser des questions, d’exprimer leurs préoccupations et de mieux comprendre ce qu’elles peuvent faire dès maintenant pour se préparer à saisir les occasions qui pourraient se présenter, mais aussi de nous indiquer les éléments que nous devons prendre en considération pour tirer le meilleur parti de ces occasions.
Nous avons également besoin de votre avis. Vous connaissez les réalités de la vie des entreprises des TNO, notamment les difficultés liées à la croissance, les pénuries de main-d’œuvre, les contraintes liées à l’équipement, au transport et à l’hébergement ainsi que les domaines dans lesquels les procédures gouvernementales peuvent être améliorées.
Que pouvons-nous faire pour améliorer la situation? Pour rendre les marchés publics plus efficaces tout en garantissant la transparence? Aidez-nous à vous aider.
Votre avis est important. Si nous voulons bâtir une économie capable de tirer parti de cet investissement, nous devons comprendre quels sont les obstacles et dans quels domaines nous pouvons, avec nos partenaires, travailler ensemble pour relever ces défis.
Enfin, pour transformer le territoire, il convient de souligner l’importance capitale que revêt la préparation des collectivités.
Nous devons également reconnaître que les nouvelles occasions s’accompagnent de défis. Les investissements majeurs et l’intensification de l’activité économique peuvent exercer une pression sur les collectivités et les infrastructures, et nous devons nous préparer à faire face à ces enjeux tout en nous concentrant sur les occasions qui s’offrent à nous.
Un nombre accru de travailleurs peut se traduire par une demande accrue en matière de services et de réseaux communautaires. Une activité économique plus intense peut exercer une pression sur les réseaux de transport, l’énergie et les télécommunications, tout en intensifiant la concurrence pour le recrutement de travailleurs qualifiés. Il s’agit là de considérations concrètes pour les collectivités des Territoires du Nord-Ouest, et elles constituent un élément essentiel dans la garantie d’une croissance planifiée et gérée de manière responsable.
Le dialogue sera permanent. Il ne s’achève pas lorsque les travaux commencent. Mais il ne peut pas non plus débuter uniquement une fois le projet achevé. Il doit être permanent. Et les solutions doivent provenir non seulement du GTNO, mais aussi de tous les paliers de gouvernement. Nous sommes toutefois là pour jouer notre rôle et contribuer à la recherche de solutions qui transformeront les TNO.
Nous en appelons à la confiance entre les gouvernements, entre les différentes organisations et entreprises.
Notre rôle consiste à concilier ces intérêts, à assurer une plus grande visibilité là où nous le pouvons, et à travailler avec nos partenaires pour surmonter les obstacles qui pourraient empêcher les TNO de tirer pleinement parti des occasions qui s’offrent à eux.
Travaillons ensemble, faisons parfois preuve de patience, exprimons parfois haut et fort nos opinions. Mais soyons toujours prêts à œuvrer ensemble à une transformation qui sera bénéfique pour le territoire.

