La biodiversité

Hyménoptères

Les hyménoptères (classe des insectes, ordre des hyménoptères) possèdent deux paires d’ailes, des rostres masticateurs, des yeux composés bien développés et, pour la plupart des femelles, un ovipositeur qui peut être transformé en aiguillon. Les hyménoptères sont le quatrième ordre d’insectes le plus diversifié en nombre d’espèces sur la planète, après les coléoptères, les mouches et les lépidoptères (papillons et papillons de nuit).

Les TNO comptent 12 espèces de fourmis, 110 espèces d’abeilles, 111 espèces de tenthrèdes et 24 espèces de vespidés. Parmi ces espèces, deux espèces d’abeilles et cinq espèces de tenthrèdes ne sont pas des espèces indigènes. Quatre autres espèces de fourmis et trois autres espèces d’abeilles devraient être présentes aux TNO.

Abeilles

En tant que principal groupe d’animaux pollinisateurs, les abeilles (superfamille des apoïdes) sont considérées comme des organismes clés dans la plupart des écosystèmes terrestres, notamment dans les écosystèmes agricoles hautement modifiés, car elles facilitent la reproduction des plantes. Le Canada abrite plus de 900 espèces d’abeilles, dont la plupart se trouvent dans le sud du pays. Cependant, on trouve aussi de nombreuses espèces d’abeilles dans les régions septentrionales du pays. Le groupe le plus familier dans le Nord, les bourdons (Bombus spp.) sont des membres très communs et visibles de la faune apicole des TNO.

Les abeilles présentent une grande diversité non seulement sur le plan des espèces, mais aussi en ce qui concerne leurs caractéristiques biologiques. La plupart des espèces d’abeilles sont solitaires. Chaque femelle travaille seule pour récolter du pollen et du nectar afin d’approvisionner son nid. Une fois qu’elle pond ses œufs, il n’y a plus de contact entre la mère et sa progéniture. En règle générale, une fois adultes, les abeilles solitaires ne sont actives que pendant une courte période (de trois à six semaines), qui correspond souvent à la période de floraison des plantes qu’elles préfèrent. Certaines espèces ont des relations spéciales avec seulement quelques plantes hôtes, comme le saule (Salix spp.). D’autres abeilles solitaires sont des généralistes du pollen et butinent diverses espèces de fleurs.

En revanche, certaines abeilles, dont la plupart des bourdons et de nombreux halictes (famille des halictidae), sont sociales pendant une partie de leur cycle de vie. Bien que ces dernières commencent chaque année sous la forme d’une femelle solitaire accouplée (reine potentielle), au fur et à mesure que l’été avance, des ouvrières sont produites, après quoi la reine devient une pondeuse d’œufs à plein temps. Les colonies de bourdons sont donc actives du début du printemps jusqu’à l’automne, et la croissance de la colonie dépend de la disponibilité des ressources florales tout au long de la saison.

Les femelles des abeilles « coucou », un autre groupe d’abeilles, se faufilent dans les nids d’autres abeilles et pondent leurs œufs sur les provisions alimentaires collectées par l’espèce hôte. Ces abeilles ne collectent pas elles-mêmes le pollen et comptent donc sur les réserves de leurs hôtes.

À l’heure actuelle, la situation de la plupart des abeilles des TNO est méconnue, en grande partie parce que le prélèvement d’échantillons est relativement rare par rapport à la plupart des autres régions du pays, et qu’aucun échantillon n’a été prélevé sur une grande partie du territoire.

Quatre espèces de bourdons présentes aux TNO ont été évaluées comme étant en péril au Canada. La conservation des pollinisateurs du Canada est une préoccupation majeure. À l’heure actuelle, il semble que la faune apicole des TNO soit confrontée à des menaces moins graves que celles qui planent dans le sud du Canada : perte d’habitat, utilisation de pesticides et, pour les bourdons, pression accrue exercée par les agents pathogènes.

Bien que les populations de bourdons de l’Ouest et de bourdons à bandes jaunes du Nord puissent présenter des niveaux de pathogènes relativement élevés, il semble que, sur la majeure partie des TNO, elles ne subissent pas les autres pressions liées aux pratiques d’utilisation des terres observées dans les parties méridionales du pays.

L’intérêt pour les abeilles s’est accru aux TNO au cours des cinq dernières années. Les inventaires réalisés par des collectionneurs d’insectes enthousiastes se sont multipliés.

Fourmis

Les fourmis (superfamille des formicidés) présentent deux caractéristiques physiques qui les distinguent des autres hyménoptères. Premièrement, bien que, comme la plupart des hyménoptères, la taille d’une fourmi soit resserrée entre le thorax (partie centrale du corps) et l’abdomen (queue), chez les fourmis, il y a un ou deux renflements distincts (bosses) au niveau du resserrement de la taille. Deuxièmement, les fourmis ont des antennes coudées ou pliées.

Les fourmis sont très sociales. Elles ont différentes castes ou classes au sein de leur organisation sociale (la reine, les ouvrières ou les femelles stériles, et les mâles). Elles vivent en colonie et forment un nid qui reste dans un endroit fixe pendant de nombreuses années. La plupart des fourmis que l’on rencontre sont des femelles ouvrières sans ailes. Elles sont beaucoup plus nombreuses et actives que les autres castes (c’est-à-dire les mâles et les reines ailées qui viennent de naître et qui perdent leurs ailes par la suite).

Le nombre exact d’espèces de fourmis au Canada n’est pas connu, bien qu’à l’heure actuelle, environ deux cents espèces soient répertoriées. La plupart d’entre elles se trouvent dans les régions méridionales du pays. La faune des fourmis des TNO comprend six genres, mais la répartition de ces espèces sur le territoire est mal documentée, et il y a probablement d’autres espèces à recenser. Parmi les fourmis les plus communes, on trouve la fourmi boréale (Camponotus herculeanus). Cette espèce est actuellement la seule fourmi charpentière recensée aux TNO. L’espèce est présente dans toutes les forêts boréales et niche dans des cavités qu’elle creuse dans des troncs pourris, des souches, sous des pierres ou dans de vieilles charpentes. Elle est également connue pour s’occuper des colonies de pucerons vivant sur les plantes, récoltant et se nourrissant de leur miellat, et les protégeant des prédateurs. Cette espèce circumpolaire peut survivre à des températures inférieures à -40 °C et est considérée comme la fourmi la plus tolérante au froid que l’on connaisse.

Les fourmis Myrmica se distinguent par les longues épines situées à l’arrière de leur thorax (partie centrale du corps). Cette espèce est largement répandue dans la forêt boréale et niche principalement dans le sol, sous les rochers, les monticules de mousse, et parfois, sous les lichens.

Les nids de fourmis que l’on remarque le plus aux TNO sont créés par des fourmis du genre Formica. Par exemple, la fourmi du podzol (Formica podzolica) niche dans les sols podzoliques acides et infertiles et crée de grands monticules caractéristiques. La fourmi à barbe rouge (Formica neorufibarbis) est l’une des espèces de fourmis les plus résistantes au froid d’Amérique du Nord, dont l’aire de répartition s’étend jusqu’à la taïga.

Les fourmis jouent un rôle essentiel en tant que prédateurs, charognards et agents de dispersion des graines et des spores fongiques dans les écosystèmes terrestres. Elles aèrent et labourent le sol et entretiennent des relations complexes avec d’autres espèces de flore et de faune. Elles sont utilisées pour surveiller et évaluer les changements environnementaux. Elles sont omniprésentes et abondantes dans les environnements terrestres de tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

À l’heure actuelle, aucun cas de fourmis non indigènes n’a été documenté aux TNO et, si l’on en trouve à l’avenir, ce sera probablement à l’intérieur ou à proximité des habitations et des bâtiments. La plupart des collections de fourmis dans les musées canadiens ne sont pas répertoriées et il n’y a pas suffisamment d’études sur les fourmis au Canada, en particulier dans le Nord. Par conséquent, tout signalement de fourmis est très utile pour mieux connaître les populations de fourmis aux TNO.

Vespidés

En règle générale, lorsque l’on pense aux guêpes, on pense aux guêpes jaunes sociales. En fait, elles ne représentent qu’une poignée d’espèces appartenant à la famille des vespidés. Cependant, la plupart des vespidés sont des guêpes potières et des guêpes maçonnes (sous-famille des Eumeninae), un groupe essentiellement tropical. Aux TNO, seules deux des cinq sous-familles nord-américaines de vespidés sont représentées : les guêpes jaunes (sous-famille des Vespinae) et les guêpes potières et maçonnes (sous-famille des Eumeninae).

Les vespidés sont des guêpes aculéates (piqueuses). Les femelles ont un dard : un ovipositeur (tube de ponte) modifié. Elles utilisent leur aiguillon pour maîtriser la proie, comme chez les guêpes potières et les guêpes maçonnes, ou principalement comme arme défensive, comme chez les guêpes jaunes. Chez ces guêpes et d’autres aculéates, l’aiguillon se rétracte à l’intérieur de l’extrémité de l’abdomen. Si vous voyez un ovipositeur long et évident sur une guêpe, c’est qu’elle n’a pas l’habitude de piquer. Ces guêpes sont normalement inoffensives.

Les guêpes potières et maçonnes, contrairement à leurs cousines, les guêpes jaunes, mènent une vie essentiellement solitaire. Les femelles construisent des nids individuels, pondent un œuf dans un compartiment ou dans une cellule, et fournissent ensuite à leur progéniture de la nourriture (chenilles ou larves de coléoptères). Les cellules, qui contiennent un œuf et suffisamment de nourriture pour permettre à la larve de guêpe de se développer, sont ensuite entourées de boue. Les proies sont généralement paralysées par une piqûre de la guêpe mère. La mère n’a aucun contact avec ses progénitures et construit d’autres cellules dans le même nid ou dans un autre nid.

Le type de nid construit par ces guêpes varie en fonction de l’espèce. Aux TNO, la plupart des espèces utilisent des terriers de coléoptères abandonnés ou d’autres trous dans le bois, notamment des trous de clous ou des morceaux creux de matériel végétal ou même d’aluminium (comme un cadre de fenêtre ou un support de chaise de jardin), pour créer une série linéaire de cellules. Chacune de ces cellules est entourée de terre humide utilisée comme mortier. Plusieurs espèces utilisent la même technique : elles transportent de l’eau, et éventuellement du nectar, dans une partie de leur « estomac » et s’envolent vers un site qui présente un sol approprié qu’elles mouillent légèrement pour construire un nid de boue distinct. Ces nids peuvent être des collections désordonnées de cellules, comme c’est le cas pour l’eumène de Walden, ou bien former des structures élégantes, semblables à des pots, avec des cols cannelés, comme ceux fabriqués par les eumènes crucifères, une espèce d’eumènes présente aux TNO. Ces nids ont valu à leurs bâtisseuses le nom de « guêpes potières ».

Jusqu’à présent, l’eumène adoré (Odynerus dilectus) est l’une des deux espèces de guêpes maçonnes présentes aux TNO, dont on sait qu’elle creuse un nid dans le sol et en retire des boulettes humides. Cette espèce érige également une petite tourelle incurvée au niveau de l’ouverture de son nid. Ces nids peuvent comporter plusieurs cellules. Les proies qui y sont conservées sont également inhabituelles : des larves de coléoptères, notamment parfois celles de charançons de la luzerne et du trèfle, et des chenilles. Les membres d’un autre groupe, le genre Symmorphus, dont la répartition est plus septentrionale que celle de la plupart des guêpes maçonnes, chassent les larves de coléoptères pour remplir leur garde-manger, notamment les espèces qui se nourrissent de saules.

La plupart des guêpes potières et maçonnes, cependant, ne chassent que des chenilles, dont certaines au moins sont d’importants organismes nuisibles, notamment la tordeuse des bourgeons de l’épinette et la tordeuse du tremble ainsi que d’autres défoliateurs. Ils jouent donc un rôle important en tant qu’agents naturels de lutte biologique.

Tout le monde a une histoire (ou trois) sur les guêpes jaunes, ces guêpes peu discrètes qui vivent en colonies et qui partagent nos jardins et nos pique-niques. Le groupe auquel appartiennent les guêpes jaunes, la sous-famille des Vespinae, comprend les frelons (le genre Vespa) et un groupe généralement plus tropical, les polistes (Polistinae), que l’on ne trouve pas aux TNO. L’une des espèces de guêpes jaunes, de couleur noir et blanc, est connue sous le nom de « frelon à tête blanche », mais bien qu’il soit plus gros, ce n’est pas un vrai frelon.

Nos guêpes jaunes construisent des nids en forme de sphère avec de la pâte qu’elles fabriquent à partir de bandes de bois pelées sur des branches et des troncs morts (ou des rampes de porche non traitées), mâchées et mélangées à de l’eau. Les progénitures sont élevées dans des cellules de papier qui sont maintenues dans des rayons plats suspendus à l’intérieur des parois protégées du nid. Il existe deux groupes de guêpes jaunes aux TNO : l’espèce du genre Vespula construit généralement ses nids dans des trous dans le sol (p. ex., des terriers de rongeurs) ou dans les cavités de vieux arbres ou les murs de maisons, tandis que les membres du genre Dolichovespula construisent généralement leurs nids au-dessus du sol, suspendus aux branches des arbres ou sous l’avant-toit des maisons ou des chalets. Le nom Vespula signifie « petit frelon » (les vrais frelons sont beaucoup plus grands) et Dolichovespula fait référence à la tête légèrement plus allongée de ces guêpes.

Les reines des guêpes jaunes fondent elles-mêmes leurs nouvelles colonies au printemps et, chaque hiver, si la température est suffisamment basse, comme c’est le cas aux TNO, toute la colonie meurt, à l’exception des jeunes reines qui viennent de s’accoupler. Celles-ci passent l’hiver sous des écorces, des feuilles mortes ou dans des crevasses, survivant à des températures extrêmes, protégées par l’isolation de la couverture neigeuse et par des substances chimiques « antigel » spéciales présentes dans leurs fluides corporels. De leur accouplement à l’automne ou au printemps, les reines gardent suffisamment de spermatozoïdes, qui fécondent ensuite les œufs dans leur corps. En mai, la reine commence à construire un nid de papier, qui comprend un petit rayon composé d’une douzaine d’alvéoles, dans chacune desquelles, elle pond un œuf. Ces larves femelles se transforment en ouvrières. La reine doit les élever seule : cette phase est critique pour la productivité future de la colonie. De nombreux nids ne survivront pas, car leur reine mourra, souvent en raison du temps frais et humide, ou à la suite d’une attaque d’une autre reine.

Les guêpes jaunes adultes se nourrissent presque exclusivement de nectar et de fruits mûrs, mais leurs petits reçoivent divers aliments solides, principalement des insectes et des araignées ou, pour certaines espèces, des charognes et d’autres viandes (comme vos hamburgers de pique-nique). Elles ne piquent pas et ne paralysent pas leur nourriture, comme chez les vespidés solitaires. Elles la saisissent et la mâchent pour produire une sorte de « Pablum » d’insecte. Seules quelques espèces se nourrissent de viande. Aux TNO, les guêpes jaunes qui s’invitent sans gêne à votre table sont probablement des vespes d’Alaska (Vespula alascensis). Une fois adultes, les ouvrières commencent rapidement à agrandir leur nid. Elles élargissent le trou de leurs nids souterrains ou construisent de nouveaux rayons et de nouvelles membranes extérieures pour leurs nids de papier. Les premières larves élevées par la reine prennent en charge toutes les tâches à l’extérieur et à l’intérieur du nid, à l’exception de la ponte, et élèvent elles-mêmes d’autres ouvrières, augmentant ainsi la taille de la colonie. Finalement, au milieu de l’été, elles construisent les rayons qui accueilleront les nouvelles reines et les nouveaux mâles. Elles quittent le nid à la fin de l’été et s’accouplent. Les reines fécondées cherchent des sites pour passer l’hiver, puis entrent dans une phase de torpeur, une sorte d’état de repos, souvent bien avant la sénescence de la colonie. Les larves restantes meurent de faim ou sont mangées par les ouvrières.

Aux TNO, on trouve deux espèces de guêpes jaunes plutôt rares, qui renoncent toutes deux à la dure tâche de bâtir leurs propres nids et comptent sur le travail des reines d’autres espèces. Ces guêpes parasites (Vespula infernalis et Dolichovespula arctica) envahissent les nids d’autres espèces de guêpes, comme les coucous, pour y pondre leurs œufs après avoir tué ou dominé leur reine et laissent les ouvrières hôtes élever leurs jeunes comme s’il s’agissait de leurs propres œufs.

Les barbelures du dard des guêpes jaunes ouvrières, contrairement à celles des abeilles mellifères, sont microscopiques, ce qui leur permet de piquer plusieurs fois. Le venin de guêpe contient jusqu’à six ou sept composants principaux, dont de l’histamine, de la sérotonine, des kinines et de l’acétylcholine. Lorsque l’on se fait piquer, c’est l’histamine qui déclenche la réaction générale de gonflement, tandis que les kinines et l’acétylcholine qui cause la douleur brûlante immédiate. Pour la plupart des gens, la douleur d’une piqûre de guêpe s’estompe rapidement et est vite oubliée, mais pour ceux qui ont une véritable réaction allergique au venin, les piqûres peuvent être graves. En général, les guêpes sont assez dociles et ne piquent pas, sauf si leur nid est menacé ou si une ouvrière est involontairement dérangée (coincée dans un vêtement ou piétinée).

Bien que nous ayons tendance à considérer les guêpes jaunes comme des insectes nuisibles à bannir de nos jardins, elles sont en fait très utiles, tout comme les espèces solitaires, les guêpes potières ou maçonnes. Pensez au nombre d’insectes phytophages que plusieurs centaines de guêpes consomment chaque jour. À moins qu’une colonie grandissante ne présente pour vous une menace parce que sa trajectoire de vol passe près de votre porte de derrière ou parce qu’elle s’est installée sous votre porche, ou à moins que vous ne soyez allergique aux piqûres de guêpes, mieux vaut ne pas toucher au nid et laisser les guêpes faire leur travail.

Tenthrèdes

Les tenthrèdes (dont les sirex) sont un groupe d’insectes apparentés aux fourmis, aux abeilles et aux guêpes qui forment avec ces espèces l’ordre des hyménoptères.

Presque toutes les tenthrèdes sont herbivores à l’état larvaire, lorsqu’elles ressemblent à des chenilles. La plupart des larves se nourrissent des parties externes de plantes à fleurs, mais certaines se nourrissent de conifères ou de fougères et d’autres (comme les larves de sirex de la famille des Siricidae) se nourrissent des parties internes de plantes qui vivent à l’intérieur du bois, tandis que certaines espèces d’autres groupes mangent l’intérieur des tiges ou forment des mines ou des galeries sur les feuilles.

À l’âge adulte, la plupart des tenthrèdes se nourrissent de pollen et de nectar, mais certaines sont des prédateurs actifs d’autres insectes. Les tenthrèdes adultes ressemblent à des guêpes en ce sens qu’elles ont quatre ailes membraneuses et des rostres masticateurs, mais, contrairement aux guêpes, comme les frelons et les guêpes jaunes, leur corps ne présente pas de resserrement étroit (ce qu’on appelle la « taille de guêpe »).

La plupart des tenthrèdes n’ont pas d’impact majeur sur l’homme, mais certaines peuvent être des organismes très nuisibles, comme quelques espèces de cèphes (famille des Cephidae) qui se nourrissent de l’intérieur des tiges de blé et d’autres cultures, et les tenthrèdes des conifères (famille des Diprionidae) qui peuvent être de grands ravageurs forestiers. À l’inverse, certaines espèces dont les larves se nourrissent de mauvaises herbes sont considérées comme utiles. On compte officiellement un peu plus de 8 600 espèces décrites de tenthrèdes dans le monde.

Une série d’articles récemment publiés fournit une liste de toutes les espèces d’hyménoptères officiellement décrites qui ont été recensées en Amérique du Nord septentrionale, notamment des listes pour l’ensemble des provinces et territoires canadiens. Le premier article de cette série (Goulet et Bennett, 2021) portait sur les tenthrèdes. Les espèces des TNO représentent environ 15 % des espèces connues au Canada. La grande majorité des espèces de tenthrèdes des TNO appartiennent à la famille des Tenthredinidae. Il s’agit de la plus grande famille de tenthrèdes au Canada et dans le monde.

Les TNO abritent également des tenthrèdes du pêcher (de la famille des Pamphiliidae), des sirex (de la famille des Xiphydriidae) et des sirex (de la famille des Siricidae), dont le nom commun en anglais « horntail » vient du fait que les femelles ont une longue « corne » (horn) qui part du bas de leur abdomen (de leur queue : « tail »). On trouve aussi des membres de la famille des Argidae qui se distinguent de toutes les autres tenthrèdes par leurs antennes plus petites (seulement trois segments), ainsi que quatre espèces de la famille des Cimbicidae qui peuvent être très grandes (leur corps peut mesurer jusqu’à 2 cm de long) et dont l’extrémité des antennes est en forme de massue. On trouve souvent des cimbicidés mâles au sommet des collines. Ils s’y rassemblent pour rivaliser entre eux afin de trouver des partenaires pour s’accoupler.

Les espèces de la famille des Xyelidae sont toutes de petite taille (de 3 à 5 mm de longueur) et les larves se développent dans les pommes de pin mâles. Les xyélides constituent le groupe d’hyménoptères le plus ancien. On a trouvé des fossiles de xyélides datant du Trias, il y a plus de 200 millions d’années.

Nous avons une bonne connaissance des tenthrèdes des TNO par rapport à d’autres groupes d’hyménoptères. Cependant, il est clair qu’il existe de nombreuses espèces de tenthrèdes non répertoriées ou qui n’ont même jamais été officiellement décrites dans notre région. C’est notamment le cas de certains groupes de la famille des Tenthredinidae qui sont étroitement liés aux saules. Il existe une grande diversité de saules dans le nord du Canada. Il y a donc certainement de nombreuses nouvelles espèces de tenthrèdes à découvrir et à répertorier.