Mammifères
Outre l’humain, 77 espèces de mammifères sont régulièrement présentes aux TNO. Une espèce, le lapin d’Europe, est exotique. Onze autres espèces sont erratiques et une autre, la chauve-souris rousse de l’Est, devrait faire son apparition aux TNO.
Vertébrés
Les vertébrés sont des animaux dotés d’une colonne vertébrale. Ils présentent une symétrie bilatérale, ainsi qu’un système circulatoire et nerveux. Ils comprennent les espèces les plus étudiées aux TNO, car nombre d’entre elles sont essentielles à notre santé culturelle et économique. L’humain (Homo sapiens) fait partie de ce groupe.
Les mammifères ont le sang chaud, un placenta et nourrissent leurs petits de lait. Certains mammifères sont essentiellement terrestres, tandis que d’autres sont retournés dans l’océan et vivent exclusivement dans les eaux maritimes. Toutes les espèces de mammifères présentes aux TNO, à l’exception de l’humain, sont incluses dans la Classification de la situation générale des TNO.
Mammifères terrestres
Les mammifères terrestres comprennent certaines des espèces les plus emblématiques et les plus importantes pour le bien-être des Ténois. Ils sont au cœur de nos cultures et de nos économies en tant que source de nourriture, de vêtements et d’outils, ainsi que de liens spirituels avec les terres ancestrales. L’importance des mammifères pour les populations et les écosystèmes du Nord explique pourquoi nous passons autant de temps à les surveiller et à les étudier, et pourquoi nous y consacrons beaucoup de ressources.
Au cours des cinq dernières années, ce sont les mammifères terrestres qui ont fait l’objet des évaluations les plus détaillées, lesquelles ont fait état d’un risque croissant de disparition. Bien que les effectifs de certaines hardes soient désormais stables, tous les écotypes de caribous des TNO courent un risque de disparition. Le caribou est le mammifère terrestre faisant l’objet de la plus étroite surveillance aux TNO. Aux TNO, de nombreux organismes, conseils, collectivités, conseils des ressources renouvelables et experts collaborent pour surveiller les espèces et veiller à ce que tous les mammifères continuent de faire partie de notre riche biodiversité du Nord.
Des études sur les connaissances traditionnelles au sujet des mammifères sont menées chaque année. En 2021, le Comité sur les espèces en péril a adopté une nouvelle méthode passionnante pour évaluer l’état de conservation des espèces, y compris les mammifères, à l’aide de critères spécifiquement adaptés aux connaissances traditionnelles. Les connaissances autochtones, communautaires et scientifiques ont servi de base à tous les classements présentés dans les pages suivantes.
Les études génétiques continuent d’entraîner des changements majeurs dans la taxonomie, y compris dans celle des mammifères. La Classification de la situation générale des TNO tient compte de ces nouvelles découvertes et regroupe désormais les mammifères terrestres et marins, et place les baleines avec leurs parents génétiques, les ongulés. À titre d’exemple, les artiodactyles sont désormais appelés cétartiodactyles, ce qui reflète ce changement. Par ailleurs, les progrès réalisés dans le domaine des études moléculaires laissent présager d’autres modifications de la taxonomie.
Mammifères marins
Les mammifères marins sont parfaitement adaptés à la vie sous l’eau, ils sont conçus pour nager et peuvent rester sous l’eau pendant de longues périodes, bien qu’ils doivent remonter à la surface pour respirer.
Les mammifères marins des TNO sont spécialement adaptés à la vie dans l’Arctique. Par exemple, les bélugas n’ont pas de crête dorsale et sont de couleur blanche, ce qui les aide à se déplacer à travers la glace de mer et à échapper à leur principal prédateur, l’orque. Les bélugas passent l’hiver dans la mer de Béring et migrent à travers les chenaux dans la glace de mer vers leurs zones d’estivage dans la mer de Beaufort. Les bélugas de l’est de la mer de Beaufort forment l’une des plus grandes colonies estivales de bélugas au monde dans l’estuaire du Mackenzie, où ils constituent une espèce essentielle pour les chasseurs inuvialuits. Les bélugas sont des baleines à dents (famille des monodontidés) qui se nourrissent d’une variété de poissons et d’invertébrés et qui trouvent leurs proies grâce à l’écholocalisation. Ils sont munis d’une épaisse couche de graisse qui les isole du froid. Les bélugas sont des animaux sociaux très vocaux qui utilisent différents types de cris pour communiquer.
Deux groupes de mammifères marins sont présents dans la partie ténoise de l’océan Arctique, soit l’est de la mer de Beaufort : les pinnipèdes (infra-ordre pinnipedia) et les cétacés (infra-ordre cetacea). Les pinnipèdes sont des carnivores à pattes griffues comprenant les phoques (famille des phocidés), les otaries (famille des otariidés) et les morses (famille des odobénidés). Les phoques annelés et les phoques barbus résident toute l’année dans la partie orientale de la mer de Beaufort. Les autres pinnipèdes sont erratiques et leur présence est peu fréquente. Seules deux espèces de cétacés, le béluga et la baleine boréale, migrent régulièrement aux TNO. En outre, des baleines grises et des orques ont été aperçues à l’occasion dans les eaux ténoises et ont été observées plus fréquemment ces dernières années. La présence de narvals n’a pas été signalée dans la région au cours des dernières décennies et ils sont considérés comme extrêmement rares.
Les mammifères marins constituent une ressource culturelle et alimentaire importante pour les chasseurs inuvialuits et leurs familles. Le suivi des récoltes et la recherche contribuent aux évaluations des populations et des écosystèmes afin de garantir que les populations de mammifères marins sont stables et en bonne santé pour les générations futures.
Deux aires protégées marines ont été établies dans les eaux ténoises et représentent des outils de conservation essentiels pour la protection des mammifères marins et de leurs habitats. Le changement climatique est un facteur de stress important pour les mammifères marins de l’Arctique dépendants de la glace. L’évolution de la glace de mer a un effet important sur la disponibilité de cet habitat et sur les itinéraires et le calendrier de migration des baleines, et peut rendre les proies moins disponibles ou de qualité plus médiocre. L’augmentation du trafic maritime dans la région arctique accroît le bruit sous-marin, ce qui peut masquer les communications entre les mammifères marins, entraîner des lésions auditives et potentiellement modifier leur comportement et leur cycle biologique. La présence plus fréquente d’orques et de baleines grises peut accroître la prédation et la concurrence entre certaines espèces de mammifères marins. Les effets écologiques cumulés de ces multiples facteurs de stress ne sont pas entièrement connus et restent un domaine qu’il est essentiel d’étudier.
Les mammifères marins sont considérés comme des espèces sentinelles permettant de détecter les changements dans les écosystèmes, car ils vivent longtemps et se trouvent quasiment au sommet de la chaîne alimentaire. Aux TNO, des tissus de bélugas et de phoques annelés sont prélevés dans le cadre d’une surveillance à long terme fondée sur la récolte, et fournissent des données sur les niveaux de contaminants, les maladies et le régime alimentaire de ces espèces clés.
Les recherches actuelles sur les mammifères marins des TNO consistent notamment à documenter l’utilisation de l’habitat, les déplacements et le comportement à l’aide de la surveillance par satellite et de relevés aériens photographiques. Un réseau de plus en plus développé de sites de surveillance acoustique passive est utilisé pour caractériser le paysage sonore sous-marin afin d’évaluer les effets futurs du bruit anthropique sur les mammifères marins. La participation des résidents du Nord à la cogestion, à la recherche et à la surveillance est un aspect important de la science. En travaillant ensemble, les scientifiques et les détenteurs du savoir autochtone fournissent des informations indispensables à la gestion des stocks de mammifères marins en bonne santé aux TNO.

