La biodiversité

Oiseaux

Au total, on peut observer régulièrement 242 espèces d’oiseaux aux TNO, dont trois sont étrangères aux TNO. On a également observé irrégulièrement 58 espèces erratiques, parfois une seule fois.

Les oiseaux sont des vertébrés couverts de plumes et capables de voler, bien que certaines espèces ne volent pas. De toutes les espèces d’oiseaux qui se reproduisent aux TNO, 87 % sont des oiseaux migrateurs. Les 13 % restants y vivent toute l’année. De nombreuses espèces d’oiseaux qui se reproduisent dans l’Arctique passent l’hiver en Amérique du Sud, parcourant ainsi des milliers de kilomètres. Par exemple, la sterne arctique parcourt 40 000 km de son aire de reproduction en Arctique à son aire d’hivernage, en Antarctique, soit la plus longue distance de migration parmi tous les oiseaux. D’autres oiseaux de l’Arctique empruntent un tout autre itinéraire. Le bécasseau maubèche de la sous-espèce islandica, par exemple, niche dans les îles les plus septentrionales des TNO et du Nunavut, se rend en Islande, puis rejoint son aire d’hivernage en Europe. D’autres restent relativement proches, comme le plongeon à bec blanc qui vole vers l’ouest jusqu’au Pacifique Nord et revient pour nicher dans la toundra continentale et dans les îles du sud de l’Arctique.

Déclin des populations d’oiseaux migrateurs

Aux TNO, ce sont les conseils de gestion des ressources renouvelables, créés en vertu des revendications territoriales, qui se partagent la responsabilité de la gestion des oiseaux, avec la participation des gouvernements autochtones, des utilisateurs et des ayants droit. Ce système de cogestion permet aux gouvernements et aux organisations autochtones de participer directement à la gestion de toutes les espèces d’oiseaux présentes dans une zone visée par une revendication territoriale.

Toutes les espèces d’oiseaux migrateurs figurant à l’annexe I de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs sont gérées conjointement avec le gouvernement fédéral. Toutes les autres espèces d’oiseaux sont gérées conjointement avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.

Depuis 1970, les programmes de surveillance ont montré qu’en moyenne, les populations d’oiseaux nicheurs du Canada ont diminué. Certains groupes, comme les oiseaux de prairies, les insectivores aériens et les oiseaux de rivage, connaissent le déclin le plus marqué. Par exemple, la population des insectivores aériens, tels que le moucherolle à côtés olive, a diminué de 59 % depuis 1970, et celle des oiseaux de rivage, de 40 %. On pense que les populations diminuent pour diverses raisons telles que la perte d’habitat, l’utilisation de pesticides (entraînant une diminution des populations d’insectes), et le changement climatique.

Recherche sur les oiseaux terrestres

Le Service canadien de la faune (SCF) coordonne plusieurs programmes de surveillance d’oiseaux aquatiques aux TNO. Nombre de ces programmes permettent d’estimer les tendances de populations. Grâce au programme Yellowknife Study Area, on surveille les oiseaux aquatiques depuis plus de 25 ans. Certains relevés, comme celui sur le guillemot de Brünnich du cap Perry ou celui sur l’eider à duvet du Pacifique, ont permis de recenser tous les individus d’une zone et de fournir des estimations régionales de leur population.

Le SCF coordonne le Programme de surveillance régionale et internationale des oiseaux de rivage dans l’Arctique (PRISM) qui est conçu pour répondre aux préoccupations concernant le déclin des populations d’oiseaux de rivage. Le programme est mené en collaboration avec le gouvernement des États-Unis partout dans l’Arctique en Amérique du Nord. Le programme en est à sa 20e année d’existence et fournit des données sur la taille et les tendances des populations, ainsi que sur la répartition, l’abondance et l’utilisation de l’habitat des oiseaux de rivage. Bien que l’accent soit mis sur les oiseaux de rivage, toutes les espèces d’oiseaux sont enregistrées. Les données recueillies grâce au programme PRISM sont parmi les premières données sur les oiseaux et les habitats jamais recueillies dans de nombreuses régions de l’Arctique et permettent d’effectuer une classification de leur situation générale dans la région.

Le SCF coordonne un certain nombre de programmes de surveillance des oiseaux chanteurs aux TNO. L’objectif principal est de comprendre la répartition des espèces, les associations d’habitats et les réactions aux feux de forêt. Il est prévu de poursuivre ces programmes pour surveiller les populations d’oiseaux et fournir des informations sur les tendances à long terme. Le SCF coordonne également le Relevé nord-américain des oiseaux nicheurs pour recueillir des données à long terme sur l’état et les tendances des populations d’oiseaux partout en Amérique du Nord. Ce relevé existe depuis plus de 50 ans et est la principale source d’information sur le statut et les tendances des oiseaux terrestres au Canada. Le programme de surveillance à long terme dans la vallée de la Liard existe depuis près de 25 ans dans le sud-ouest des TNO et permet d’obtenir des données importantes pour la Classification de la situation générale des espèces.

En plus des données essentielles du Relevé nord-américain des oiseaux nicheurs, l’outil mondial d’observation des oiseaux en ligne « eBird » (basé sur le bénévolat) a également fourni des informations sur la répartition des oiseaux dans les régions où aucune étude n’est actuellement menée. N’hésitez pas à nous faire part de toutes vos observations, de n’importe quelle espèce d’oiseau, à n’importe quelle saison, à l’adresse suivante : www.ebird.ca.

Au cours des cinq prochaines années, grâce à des programmes de surveillance à long terme et à de nouvelles initiatives, nous espérons recueillir davantage d’informations pour mieux évaluer la situation des oiseaux aux TNO.

Il est important de poursuivre la surveillance et de travailler en collaboration pour atteindre les priorités en matière de conservation afin de préserver les populations d’oiseaux aux TNO. En outre, il est essentiel de collaborer avec les autres pays pour bien protéger les oiseaux, car ceux-ci traversent de nombreuses frontières.

Surveillance des oiseaux de proie

On a procédé à une surveillance intensive des oiseaux de proie dans les années 1980 et 1990 dans l’ensemble des TNO. Depuis, sauf pour le faucon pèlerin, aucun relevé n’a été refait de façon systématique. Des études intensives sur les faucons sont réalisées dans la toundra, dans le parc national Tuktut Nogait et dans le parc national du Canada Wood Buffalo. Ces relevés sont effectués en collaboration avec Parcs Canada, l’industrie et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO). Le GTNO suit également les données de localisation et de fréquentation de tous les sites d’oiseaux de proie connus aux TNO. Ces informations proviennent souvent d’observations imprévues effectuées par des résidents des TNO lors d’une excursion en nature, ou sont fournies par les acteurs de l’industrie lors des évaluations des impacts. Ces données sont stockées dans la base de données sur les oiseaux de proie du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, la plus grande base de données sur les oiseaux de proie en Amérique du Nord.