La biodiversité

Les mouches des TNO

Les mouches (ordre des diptères) constituent le deuxième ordre d’insectes (phylum des arthropodes, classe des insectes) le plus diversifié au monde, après les coléoptères. Toutefois, aux TNO, ce sont les mouches qui remportent la médaille de la diversité!

Les TNO comptent 2 espèces d’acrocéridés, 171 espèces d’anthomyiidés, 4 espèces d’Anthomyzidés, 13 espèces d’asilidés, 1 espèce de bibions, 13 espèces de bombyles, 12 espèces de calliphores, 1 espèce de carnidés, 14 espèces de cératopogonidés, 5 espèces de chamaemyiidés, 5 espèces de chaoboridés, 212 espèces de chironomidés, 6 espèces de chloropidés, 1 espèce de conopidé, 39 espèces de moustiques, 1 espèce de mouche orange dryomyzidé, 34 espèces d’ephydridés, 25 espèces de fanniidés, 11 espèces d’héléomyzidés, 5 espèces de lauxaniidés, 3 espèces de lonchopteridés, 3 espèces de micropezidés, 199 espèces de muscidés, 2 espèces d’œstridés, 22 espèces de piophilidés, 12 espèces de pipunculidés, 1 espèce de platypezidé, 17 espèces de sarcophagidés, 33 espèces de scathophagidés, 2 espèces de scénopinidés, 43 espèces de sciomyzidés, 62 espèces de simuliidés, 10 espèces de stratiomyidés, 139 espèces de syrphes, 25 espèces de tabanidés, 14 espèces de téphritidés, 8 espèces therevidés et 1 espèce de xylophagidé.

Bombyliidae

Les bombyliidés sont un groupe diversifié de petites et moyennes mouches. La plupart des espèces sont recouvertes de poils duveteux ou d’écailles colorées. Certaines ont des motifs complexes sur les ailes.

Aux TNO, on sait actuellement qu’ils proviennent de régions boisées.

À l’état larvaire, les bombyles se nourrissent d’autres insectes immatures comme les abeilles, les guêpes solitaires, les sauterelles et les papillons de nuit. Bien qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre sur les relations des mouches avec leurs hôtes, on sait que la plupart des espèces semblent en préférer quelques-uns. En règle générale, les femelles voltigent près du sol ou d’une surface verticale (comme un tronc d’arbre) où se trouvent leurs hôtes, et projettent leurs œufs sur ces surfaces ou directement dans un terrier. La plupart des femelles bombyles possèdent une cavité spéciale à l’extrémité de l’abdomen qui sert à recueillir du sable ou de la poussière pour enrober leurs œufs et ainsi mieux les disperser. Les larves éclosent rapidement et partent à la recherche d’un hôte. Lorsque cela est fait, elles s’arrêtent et se nourrissent, soit depuis l’intérieur, soit depuis l’extérieur de ce dernier, jusqu’à ce qu’elles se transforment en chrysalide, tuant ainsi leur hôte.

Une fois adultes, les bombyles se nourrissent du pollen et du nectar des fleurs. Les espèces dotées d’un long rostre (organe buccal) peuvent se nourrir d’un large éventail de fleurs, notamment celles qui sont souvent associées aux abeilles à langue longue. Ils peuvent se nourrir en effectuant un vol stationnaire et visiter rapidement une série de fleurs, à la manière d’un colibri miniature. Les espèces dotées d’un rostre court doivent visiter les fleurs dont le nectar est facilement accessible. Elles apprécient particulièrement les marguerites jaunes et blanches et les asters. Dans la plupart des régions, y compris aux TNO, les connaissances sur les relations entre les fleurs et les bombyles sont assez restreintes.

Les adultes sont plus actifs lors des journées chaudes et ensoleillées. Les mâles peuvent passer une grande partie de leur temps posés sur le sol. Peut-être défendent-ils leur territoire ou attendent-ils une femelle? Si on les dérange, ils volent sur une courte distance et reviennent ensuite à leur emplacement d’origine. Les bombyles passent l’hiver sous forme de larves ou de pupes, mais on ne connaît pas bien leur cycle de vie. Les espèces canadiennes semblent produire une génération par an. Certaines espèces n’existent en tant qu’adultes qu’une semaine par an, tandis que d’autres, pendant la majeure partie de l’été.

On trouve la plupart des espèces de mouches des TNO dans la forêt boréale canadienne. Une espèce sans nom du genre Systoechus a été trouvée à Reindeer Depot près d’Inuvik, et n’est actuellement connue nulle part ailleurs dans le monde. La situation et la répartition de la plupart des espèces de mouche aux TNO sont mal connues, car peu de recherches ont été effectuées à leur sujet.

Calliphoridae

Les calliphoridés sont parmi les mouches les plus faciles à reconnaître. La plupart des espèces ont un corps partiellement ou entièrement bleu ou vert métallique. Certaines ont un corps noir lustré, cuivré ou n’ont aucun reflet métallique. Leur groupe est composé de moyennes et de grandes mouches. De nombreuses mouches adultes, comme les mouches vertes de la viande (sous-famille des Luciliinae), visitent les fleurs pour se nourrir de nectar, ou se reposent sur le feuillage, généralement en plein soleil. D’autres, comme les mouches bleues de la viande (sous-famille des Calliphorinae), en particulier celles du genre Calliphora, sont attirées par les viandes et les poissons frais ou cuits. Les calliphoridés peuvent détecter d’assez loin les odeurs de décomposition et peuvent parcourir jusqu’à vingt kilomètres à la recherche d’une carcasse.

À l’état larvaire, la plupart des calliphores sont des charognards et se nourrissent de matières en décomposition. Ces larves rendent un service précieux à l’homme en l’aidant à éliminer les matières fécales et les animaux morts de l’environnement. Cependant, en raison de cette habitude de visiter les excréments et les matières en décomposition, certains calliphoridés peuvent transmettre des microorganismes pathogènes.

On peut prévoir les différents stades de développement des calliphoridés si l’on connaît la température ambiante. De nombreuses espèces sont très utiles en entomologie médico-légale, car elles permettent de déterminer l’heure de la mort d’un être humain ou d’un animal.

En revanche, certaines espèces de calliphoridés peuvent être à l’origine de myiases (développement de larves de diptères dans le corps d’un vertébré vivant). Les calliphoridés qui produisent des myiases sont généralement attirés par les plaies des humains et des animaux domestiques, puisque leurs larves se nourrissent de tissus nécrotiques. Ce processus est la base de la larvothérapie, un traitement courant visant à utiliser des asticots de l’espèce Lucilia sericata pour traiter les plaies infectées.

Un autre groupe de calliphoridés, celles du genre Protocalliphora, pondent dans les nids d’oiseaux où leurs larves (ectoparasites) sucent le sang des oisillons. Ces larves peuvent avoir une influence négative sur la santé et la survie des couvées de nombreux oiseaux, notamment des corbeaux (Corvus spp.) et des hirondelles. D’autres calliphoridés du genre Pollenia (pollénies du lombric) pénètrent dans les maisons pour passer l’hiver dans les parties inhabitées, parfois en grand nombre. Ces mouches sont des parasitoïdes des vers de terre, elles ne sont liées ni aux ordures ni au fumier.

Il existe plus de 1 525 espèces de calliphoridés dans le monde entier, dont 62 espèces sont actuellement recensées au Canada. Parmi les espèces connues aux TNO (voir la liste dans les pages suivantes), deux d’entre elles sont rares en Amérique du Nord et ne se trouvent que dans le nord du Canada et en Alaska : Protophormia atriceps et Calliphora genarum. Une autre espèce, Lucilia magnicornis, est très peu fréquente et n’a été observée qu’en l’Alaska et au Labrador.

Sarcophagidae

Les sarcophagidés sont des mouches robustes, grises et noires, de 2,5 mm à 20 mm de long. Elles possèdent un thorax sur lequel on peut généralement distinguer trois bandes sombres et un abdomen sur lequel on peut généralement distinguer un motif à carreaux. On peut apercevoir les sarcophagidés adultes se prélasser au soleil sur du feuillage, sur le sol découvert et sur les côtés des bâtiments. Elles ont un rostre en forme de coussinet pour absorber des liquides comme le nectar, le miellat, la sève des arbres et le jus des fruits abîmés. Contrairement à ce que suggère leur nom commun (mouches à viande), très peu de larves de cette espèce exploitent les charognes de grands vertébrés comme ressource alimentaire. Beaucoup d’entre elles ont une forte tendance saprophage et aiment surtout les insectes et autres invertébrés en décomposition, ou sont des parasitoïdes d’insectes vivants.

Les mouches des genres Metopia et Phrosinella (appelées mouches satellites) sont des cleptoparasites des abeilles et guêpes solitaires. Elles utilisent plusieurs stratégies pour localiser leurs hôtes : p. ex., elles suivent les sphécidés jusqu’à leur nid ou cherchent directement les entrées de leur nid. Dans de nombreux cas, la larve de la mouche mange l’œuf ou la larve de l’hôte et se nourrit des aliments stockés.

Il s’agit d’une famille diversifiée, dont les espèces présentent une multitude de modes de vie. Les sarcophagidés sont des insectes globalement plutôt utiles. Les adultes, en particulier les mâles, visitent les fleurs et certaines espèces ont un rôle de pollinisateur. Certaines espèces, parasites des sauterelles et des criquets, sont probablement importantes en tant qu’agents de lutte biologique. L’espèce Sarcophaga aldrichi (qui n’est toujours pas confirmée aux TNO) est un parasitoïde commun de nombreux lépidoptères nuisibles, notamment de la livrée des forêts (Malacosoma disstria) et de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana). Les mouches à viande sont aussi des insectes utiles pour surveiller les groupes de polluants (métaux lourds, résidus de pesticides organochlorés, diphényle polychloré, etc.).

En ce sens, les sarcophagidés utilisés comme indicateurs médico-légaux, c’est-à-dire pour estimer les intervalles post-mortem, peuvent également être utilisés pour la détection de diverses drogues ou toxines présentes dans les cadavres. Les sarcophagidés sont cosmopolites, bien que leur nombre décroisse rapidement à mesure que la latitude augmente. Peu d’espèces vivent dans les régions subarctiques, mais aucune ne vit dans la toundra qui est dépourvue d’arbres. Les espèces sont nettement plus diversifiées dans les régions tropicales.

Syrphidae

Les syrphidés (appelés syrphes) sont des insectes qui, à l’âge adultes, vont de fleur en fleurs. Certaines espèces sont parmi les plus grands spécialistes du vol, ressemblant à de minuscules colibris lorsqu’ils récoltent le nectar des fleurs.

Comme les syrphes imitent parfaitement les abeilles et les guêpes, même si elles sont inoffensives, elles bénéficient d’une protection contre les prédateurs qui les confondent avec ces insectes piqueurs et passent souvent inaperçues dans les fleurs. En effet, de nombreux livres, publicités, articles de presse et documents vantant le service des abeilles choisissent par erreur des illustrations de syrphes!

Contrairement à l’écologie plutôt uniforme des syrphes adultes, l’écologie des syrphes à l’état larvaire, elle, est l’une des plus variées de tous les insectes. Les larves de certaines espèces, par exemple du genre Syrphus, sont prédatrices de pucerons, de cochenilles et d’autres insectes. Bon nombre de ces espèces sont d’une importance cruciale pour limiter la prolifération des organismes nuisibles.

Le genre Pipiza consomme des pucerons qui se nourrissent de racines de végétaux, tandis que d’autres espèces de mouche, du genre Microdon, sont des prédateurs et des parasitoïdes des fourmis. D’autres larves de syrphes sont des prédateurs, des organismes filtreurs de bactéries et d’excellents indicateurs de la santé des écosystèmes de forêts anciennes (car elles vivent dans la sève qui s’écoule sous l’écorce) ou des écosystèmes aquatiques (car elles vivent dans les rivières et les zones humides). Certains espèces préfèrent les eaux putrides, comme celles que l’on trouve dans les fermes ou les étangs d’épuration (notamment l’asticot à queue de rat, Eristalis tenax). Les espèces qui vivent dans les eaux putrides sont souvent présentes par milliards et jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité de l’eau. On étudie la possibilité d’utiliser ces espèces à l’échelle commerciale dans les installations de traitement de l’eau.

Le cycle de vie de nombreuses espèces demeure un mystère. Il serait intéressant de savoir de quelle façon la Volucella arctica survit aux TNO. D’autres espèces du genre Volucella vivent dans les nids d’abeilles en tant que larves où elles se nourrissent de débris ainsi que d’œufs et de larves d’abeilles.

Le genre le plus diversifié de syrphes que l’on trouve aux TNO est Platycheirus. Beaucoup de ces mouches mâles présentent des modifications fantastiques de leurs pattes. Ces espèces utilisent un genre de « drapeaux » propres à la parade sexuelle. Bon nombre de ces syrphes sont des spécialistes des zones humides. Ils sont souvent posés sur des laîches ou en train de se nourrir du pollen de ces plantes.

On peut effectuer le suivi des syrphidés à l’aide de pièges, comme les pièges Malaise, mais les relevés les plus efficaces sont obtenus en en apprenant davantage sur le groupe et en pratiquant la collecte manuelle. La meilleure façon de trouver des espèces rares est de les chercher sur des sites de rassemblement au sommet des collines. Les mâles de la plupart des espèces se rendent sur des sites en altitude et sur d’autres points en hauteur pour attendre les femelles. Les collines n’ont pas besoin d’être grandes, mais celles les plus isolées attirent le plus grand nombre d’espèces. Grâce à la combinaison d’études au sommet des collines, à la collecte de fleurs et au fauchage ciblé près des zones humides, on devrait pouvoir découvrir la plupart des espèces existant dans la région.

Chironomidae

Les chironomidés (moucherons) constituent un élément diversifié et vital de la faune des insectes d’eau douce, mais leur importance s’étend aussi largement aux habitats terrestres. L’importance des chironomidés dans leur milieu peut être étudiée sur le plan de leur contribution au réseau alimentaire, de leur rôle de bioindicateurs et de leur utilité sur le plan médical. Les restes subfossiles de larves de chironomidés dans les sédiments de lacs et d’étangs révèlent des milliers d’années de changements environnementaux dans les eaux douces et les habitats terrestres adjacents. Par exemple, une quarantaine d’années de données sur la répartition des espèces de chironomidés dans les régions alpines européennes ont permis de démontrer le recul des glaciers dû au climat.

Les perturbations environnementales telles que les inondations et les sécheresses peuvent entraîner l’extinction locale de nombreuses espèces animales, la recolonisation étant souvent retardée. Les chironomidés sont généralement parmi les premiers à coloniser les environnements perturbés, en particulier dans les régions vulnérables comme l’Arctique. Cela signifie que la périodicité et les cycles des perturbations environnementales peuvent être retracés en étudiant leur répartition. Leurs larves et leurs nymphes sont en grande partie aquatiques, quelques-unes sont aquatiques ou terrestres, et quelques espèces sont présentes en milieu marin. On les trouve en eau douce tant dans des habitats temporaires comme les fossés, les fondrières et les sarracénies, que dans des sources, des ruisseaux, des rivières et des lacs. Les adultes sont terrestres et on les trouve généralement en essaim à proximité des eaux.

Les chironomidés constituent la famille de diptères la plus diversifiée au Canada. De vastes régions du Canada sont recouvertes d’eau douce et, étant donné que la diversité et l’abondance des chironomidés augmentent généralement en fonction de la latitude, on peut s’attendre à ce que les régions septentrionales contiennent une plus grande part de cette diversité. Cependant, la faune canadienne des chironomidés étant peu étudiée, il y a encore un grand nombre de genres et d’espèces à découvrir n’ayant été ni répertoriés ni officiellement décrites.

Bien que l’intérêt pour les chironomidés du nord du Canada perdure, ils ne font l’objet d’aucune étude aux TNO pour l’instant, pas plus qu’au cours des quatre dernières décennies. De récentes études menées dans d’autres régions nordiques ont donné lieu à de nombreuses découvertes. Il est essentiel d’intégrer la recherche sur la diversité des chironomidés dans l’étude écologique et environnementale des eaux douces de l’Arctique. Les études futures doivent se concentrer sur l’amélioration de la taxonomie des différents stades de vie des espèces de chironomidés dans le Nord, ainsi que sur la compréhension de leur répartition géographique. Ces données permettront aux gestionnaires et aux organismes de réglementation d’évaluer plus précisément la santé des écosystèmes aquatiques nordiques.

Oestridae

Les œstridés (notamment les gastrophiles et les hypodermes) sont des mouches velues de taille moyenne à très grande, au corps massif. Ils ont une vie adulte très courte : ils ne mangent pas et vivent sur les réserves qu’ils ont accumulées à l’état larvaire. Hormis sur les sites élevés et au sommet des collines où les mâles recherchent activement les femelles, il est rare de voir des œstridés adultes. Une fois qu’ils ont atteint les sommets, les premiers mâles chassent vigoureusement les retardataires. Après l’accouplement, les femelles tentent de trouver des hôtes, qui sont presque exclusivement des mammifères qu’elles importunent, généralement en volant autour d’eux. Les œufs (ou les larves de premier stade chez certaines espèces) sont pondus très rapidement, en vol, généralement sur le pelage de l’hôte. À l’état larvaire, tous les œstridés sont des parasites obligatoires, ils ont besoin du corps ou des tissus des vertébrés vivants, généralement des mammifères, pour survivre. Leur peau, assez épaisse aux stades avancés, est généralement recouverte de spinules triangulaires disposées régulièrement en bandes ou en séries transversales le long de leur corps. Lorsqu’elles atteignent leur maturité, les larves de toutes les espèces quittent l’hôte, tombent au sol et se transforment en chrysalide dans le sol.

Les œstridés ont des besoins très spécifiques en ce qui concerne leur hôte. Le genre Cephenemyia pénètre dans les cavités nasales et le pharynx des cervidés. L’œstre du caribou (Cephenemyia trompe) parasite les caribous, les cerfs, les orignaux et plusieurs autres espèces. Les femelles de cette espèce ne pondent pas d’œufs, mais sont capables d’expulser de nombreuses larves de premier stade et de les projeter vers le nez, la bouche ou l’œil d’un hôte. Ces larves migrent ensuite dans les cavités nasales où elles se nourrissent de mucus. Les larves de deuxième et troisième stades se développent ensuite dans le pharynx de l’hôte jusqu’à leur maturité.

Les hypodermes du caribou (Hypoderma tarandi) ressemblent à des bourdons, probablement pour se protéger de leurs ennemis naturels. Les femelles des espèces pondent jusqu’à 15 œufs sur les poils du bas du corps et des pattes des Rangifer (caribous et rennes). Après l’éclosion, les larves de premier stade pénètrent dans la peau de leur hôte et migrent à travers les tissus de son corps pour passer l’hiver. Elles poursuivent leur migration au printemps suivant et se déplacent vers l’arrière de l’hôte, où elles se développent dans des renflements sous-cutanés se nourrissant de débris cellulaires. Les larves matures sortent de leur renflement au bout de 30 à 60 jours, tombent au sol et se transforment en chrysalide. Les adultes ne vivent que quelques jours. Les varrons sont traditionnellement appréciés pour leurs qualités nutritionnelles dans la culture inuite.

Conopidae

Les conopidés sont une petite famille de mouches que l’on recueille rarement. De nombreuses espèces sont connues pour imiter les guêpes et les abeilles. Les conopidés femelles adultes déposent leurs œufs dans des hôtes vivants, souvent en plein vol, à l’aide de structures abdominales modifiées. Les larves se développent dans l’hôte jusqu’à ce que celui-ci succombe. Après la nymphose et l’hivernation, les conopidés adultes émergent du cadavre de leur l’hôte au printemps ou en été.

Diverses espèces d’Hyménoptères sont considérées comme des hôtes de ces parasitoïdes. Les conopidés sont également régulièrement recueillis sur les fleurs, mais leur rôle en tant que pollinisateurs, et les plantes qui leur sont spécifiques sont est mal connu. La meilleure façon d’observer les conopidés est d’attendre près des massifs de fleurs ensoleillés que fréquentent les abeilles. Les adultes conopidés ne sont présents que pendant quelques semaines à la fin du printemps ou en été. Thecophora occidensis est la seule espèce recensée aux TNO, et uniquement dans les régions forestières du sud-ouest. Cette espèce a été signalée dans l’ensemble du Canada et des États-Unis.